Yalaëlle ferma les yeux. Pas besoin d'eux pour voir. De toute façon, elle voyait quand-même avec le cœur, d'une certaine manière plutôt... étrange. La jeune fille savait très bien à quoi ressemblait le paysage, autour d'elle.
Elle flottait tout simplement, dans un espace entièrement bleu. Il y avait plein de nuances, cela formait un tableau merveilleusement beau. Une pluie d'étoiles, ou d'étincelles dorées peut-être, tombait à l'infini.
Dans cette « dimension », il n'y avait ni début, ni fin. Juste le plaisir d'être là, de se sentir bien, de sentir un amour infini partout; autour et en Yalaëlle, chose qu'elle ne croyait pas possible, tant sa vie était dépourvue de ce genre de sentiments à grande échelle.
Ici elle respirait la vie, elle sentait le souffle discret de sa respiration calme et sereine. Yalaëlle aurait voulu rester ici pour toujours. Pour elle, plus rien n'avait d'importance, à part cet endroit mystérieux et plus que parfait.
Des larmes de joie naquirent au coin de ses yeux, eurent le temps de vivre sur ses joues à la peau lisse et rosée, puis moururent sur ses lèvres.
Néanmoins, au fond d'elle-même, loin dans le creux de son cœur et de son âme, quelque chose lui demandait de revenir. Quelque chose, ou quelqu'un... Mais revenir où ? Dans son corps de chair ? Près de son cœur rempli de souffrances et de chagrins ? Non, elle ne le voulait pas. Pourquoi l'aurait-elle fait ? Yalaëlle se souvint tout à coup de la seule personne qu'elle aimait au monde. La seule. Clément. Alors là, il portait décidément bien son nom celui-là !
Clément aimait Yalaëlle et Yalaëlle aimait Clément. Vraiment. Vraiment beaucoup. Il était LE SEUL à l'avoir toujours aidée, aimée, encouragée. Avait-il seulement raison ? Milles questions s'entrechoquaient dans la tête de l'adolescente. Quelle était cette vague désagréable de sentiments, d'interrogations, d'hésitations et d'incertitude qui venait rompre son rêve le plus cher, si paisible au départ. Elle chassa l'indésirable de son esprit. Yalaëlle ne supportait pas d'être assaillie comme cela par des choses de... son « autre elle », celle qui l'attendait, loin là-bas, sur Terre... Celle qui gisait sur la route, dans les bras de Clément, entourée de pompiers et de gendarmes... Quelle libération, sortir de ce corps lourd et à l'espace limité ! C'était bien mieux ici, mais pouvait-elle rester ? Que ferait-elle de toute façon ? On ne peut pas flotter dans les airs toute sa vie... Oui, mais ce n'était pas la même vie, pas la même chose, on ne pouvait pas comparer. De toute façon, la jeune fille le savait bien, il fallait qu'elle y retourne, dans cette vie, dans ce corps, mais cette fois, elle y serait heureuse, oui ! Elle allait enfin se battre, avec de nouvelles convictions, et un cœur ouvert.
Elle rejoignit brutalement son amoureux, et se rendit compte que tout le monde lui criait de respirer, de vivre, de rester. Parce que oui, pendant son « escapade dimensionnelle », elle était morte. Bien morte. Pour de vrai.
Lorsqu'elle reprit son souffle, Clément soupira de soulagement. Yalaëlle se rendit compte qu'il était en larmes. D'autres naissaient dans ses yeux, mais celles-ci étaient visiblement de joie. Sa bien-aimée lui sourit pour la première fois avec un air véritablement heureux, serein, confiant. Qu'avait-il pu lui arriver pour qu'elle change radicalement en seulement quelques minutes ?
- Tu vas bien ? demanda Yalaëlle à Clément.
- Très bien, mais toi ? répondit celui-ci, surpris que ce soit elle qui lui pose cette question.
- Dans ma tête, tout est parfaitement en place, un bon choc m'a tout bien rangé, mais, dans mon corps, je ne sais pas trop... Je ne me souviens plus très bien de ce qu'il s'est passé. Tu peux me rafraîchir la mémoire mon amour ? dit-elle alors que tous les « spectateurs » se tournaient pour laisser les tourtereaux tranquilles un moment.
- Eh bien... Une voiture t'a renversée pendant que tu traversais la route. Tu as roulé sur le sol et perdu connaissance sur le coup. Tu ne respirais plus, ton cœur s'était arrêté, mais te voilà, je ne t'ai pas perdue... j'ai eu la peur de ma vie tu sais.
- Je ne suis pas aussi faible que j'en ai l'air finalement ! s'exclama-t-elle avec enthousiasme.
- Mais que t'est-il donc arrivé pour que tu sois aussi joyeuse ? demanda Clément, intrigué.
- Tu sais Clément, il faut que je te dise une chose, en face : Je t'aime. Je me suis rendue compte de bien des choses, je te raconterai, mais ce que je sais, c'est que ton nom te va à merveille !
- Je t'aime aussi, Yalaëlle. Mais toi, le nom que je te donnerais, ce serait « Céleste », ou encore mieux, en tout cas dans la signification : « Galaad », parce que ça veut dire « Lumière céleste ».
- Merci. Je veux rentrer à la maison avec toi.
- Tu dois aller à l'hôpital d'abord, pour vérifier que tu n'as rien.
- Mais je te dis que je vais très bien ! insista-t-elle.
- Ce n'est pas moi qui décide de ça. Tu sais très bien que je meurs d'envie de rentrer en ta compagnie. Malheureusement, ces messieurs-dames ne sont pas de cet avis, dit-il en désignant les pompiers, les médecins ou infirmiers, et les gendarmes.
- Monsieur Aldaron... commença le chef de la brigade.
- Non, c'est à moi qu'il faut parler, coupa Yalaëlle.
- Alors, mademoiselle... euh
- Je m'appelle Yalaëlle, et non, je n'ai pas de nom de famille. Appelez moi par mon prénom ça suffira, intervint la jeune fille une seconde fois.
- Bon... mademoiselle Yalaëlle, je vous prie de m'excuser, mais il est nécessaire de vérifier votre état de santé. Vous semblez avoir vécu un choc important, et nous voulons simplement vous aider. Il est obligatoire de subir des soins après un tel accident. C'est la loi.
- Oui, je sais bien. Mais j'espère que ce ne sera pas trop long.
Yalaëlle regarda Clément et lui sourit, confiante. Elle savait ce qu'elle devait faire, à présent. Elle allait profiter de la vie, et de Clément plus précisément. Il l'embrassa tendrement et la prit dans ses bras pour l'amener jusqu'à l'ambulance. Lui aussi se sentait bien. Très bien même. Comme quoi, un accident pouvait aussi être très bénéfique.
Mélody ©
La vie ne vaut rien. Mais rien ne vaut la vie.
André Malraux
La mort n'est pas l'obscurité. C'est une lampe qui s'éteint car le jour se lève.
Anonyme
l'amour c'est la victoire de l'imaginaire sur l'intelligence
RépondreSupprimerTrès beau texte, les dialogue méritent tout de même d'être éclaircis et puis il y a cette réplique cinglante du "chef de la brigade " (brigade de gendarme ?? parce que si c'est le cas c'est pas tellement crédible mieux vaut que ce soit un pompier, de plus je ne crois pas qu'un médecin ou un infirmier se déplace pour ce genre d'incident) qui dit " [...]c'est la loi." ...Euh, oui, enfin faut que tu m'expliques en quoi c'est la loi d'aller à l'hôpital après un tel drame ?? Non, parce que ça veut dire qu'on pourrait aller en prison si on refuse de se faire soigner... ^^ Après peut-être qu'il y a une loi mais j'ai rien trouvé de précis.
RépondreSupprimerEnfin voilà, une foule de petits détails qui pour moi sont à corriger pour parfaire ce texte. :)
Merci !
RépondreSupprimerMoi je le trouve un peu naïf, justement à cause des dialogues un peu pathétiques/inutiles/mal fichus ^^
C'est en effet peu crédible, faute de recherches (j'ai un énorme défaut : la flemme) donc j'ai mis ça un peu au hasard en fait, parce que je n'en sais rien du tout x) Honte à moi.
J'arrangerai ça ;)