jeudi 14 mars 2013

Hommage à un cochon 2 - le retour !

Cochon, toi qui fut bafoué sur Terre,
Toi qui vole au-dessus de nos têtes vides
Qu'attends-tu pour te venger de nos actes d'hier ?
Pour réaliser ce que tu as subi, nous sommes trop stupides !

Arme-toi de tes sabots,
Couverts de boue s'il le faut,
Tire en tout sens, comme tu voudras,
Fait ce qu'il faut pour que nos yeux voient

Avec le cercle de lumière qui flotte sur ton ombre
Tu as retraversé le voile, tu viens de l'autre monde
Maintenant que tu as perdu toute consistance, tu sombres
Peu à peu dans la démence, et tu agites ta fronde

Peu importe le temps, peu importe les mots
Puissent tes tueurs d'antan tout comprendre aussitôt
Puissent-ils sentir la même douleur dans leur âme,
Que celle qui te retient mais qui te donne ta flamme

Avec la force d'un taureau qui charge,
Ta pierre traverse tous les paysages,
Cherchant sur chaque humain l'indice de visages
Dont tu te souviens bien, dont la haine te démange

La folle souffrance que tu lis dans leurs yeux,
N'est qu'un miroir de celle qui te fit trépasser
La pierre, garnie de ta colère, est une arme de feu
Percutant leur cœur avec l'élan de ta rage décuplée 

Faisant jaillir en eux les sentiments si forts
Qu'ils t'ont fait endurer, sans le moindre remord

Percutant leur âme au plus profond, dépassant les ténèbres
Pour atteindre en eux la fine fleur qu'ils tentaient de cacher
Afin de mieux accomplir leurs pensées barbares, leurs actes funèbres
Sans se sentir gêné par cette fleur qu'ils auraient dû cultiver.

Secouer la fleur leur donne le tournis
Tu as touché si loin - la racine de leur vie !
Le coffre-fort nommé "émotions" a volé en éclats
Et ils perdent le contrôle face à une vague comme celle-là

Leurs sentiments pleuvent et les prennent en tous sens
Les larmes, les rires, tout jailli, tout s'élance
Leur corps semble exploser, tiraillé, écartelé
Leur voix s'étrangle dans leur gorge, ils ne savent pas crier
Ils ne savent pas pleurer non plus, ni gémir, ni regretter.
Le coffre-fort "oubli" avait tout enfermé.

Voilà un long silence après leur agonie,
La tempête est calmée, seul le vent gémit
Ils n'osent plus bouger, jouissant de l'accalmie
Ils n'osent plus cracher, leur venin s'est enfui

Dans les bras de Morphée ils font un long voyage
Récupérant lentement de cet apprentissage
Laissant leur esprit libre de se reconstruire
Sur des bases plus saines sans haine ni douleur
Sans coffre-forts solide où se cachent les fleurs
Dans une douce paix qui leur permit de grandir.

Et toi, tu es là, cochon
Dans ta robe spectrale au fumet de jambon
Tu es là, et tu regardes, avec un léger sourire
Digne de cette même paix que tu leur fit connaître
Digne de rejoindre l'autre monde où tu va disparaître
Fier d'avoir accomplit la tâche qui te fit revenir


Mélody ©

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