mardi 18 août 2015

Haïkus et pensées furtives

Les textes notés d'une * correspondent au thème « Rêve »


L'ALBINOS

J'éprouve mon aspect mortuaire
Par des semblants de phrases,
J'éradique ainsi ce qu'il reste de moi.

***

LE JEUNE POÈTE

Le jeune poète est si vieux,
Écrivant au monde entier
Qu'il aimera cette femme
Jusqu'au bout de sa vie.

***

NUIT ET JOUR*

Mon rêve est un paysage intemporel
Entrecoupé
D'un peu de toi. 

***

JE T'AIME CAR TU ES BELLE CAR JE T'AIME

Le nuisible et l’incohérent
Retardent le délais,
véritable Suicide
D'un monde qui s'en fout.

***

MAMAN

Une main sur le ventre,
Séduction involontaire
Ou bien naturelle
Du temple de la vie.

***

CARCASSE EXQUISE

Je donne ma viande
Aux insectes de la nuit
Pour prouver mon existence. 

***

LE FŒTUS IVRE

L'expulsion du corps étranger
Est un charnier maternel
Qui dure toute une vie. 

***

TWIN PEAKS

Mon plaisir psychédélique
Ne s'éteint vraiment jamais
Lorsque je souffre de moi-même.


© Wilhelm


* * * * * * * * * * * * *


CHIMÈRE CONCRÈTE*

Il y a des mots qui dansent
Sur mes pensées, sur mon âme
Quand les rêves ne suffisent plus

***

SOUVENIRS DE LA NUIT*

Fragments de vie
Collés sur ma peau
Je rêve de toi

***

TERREUR NOCTURNE*

Un serpent s'enroule autour de moi
Je suffoque, je me noie
Dans mes propres larmes

***

L'INTRUS A 4 VERS*

Le sommeil sournois
Me guide ou m'emporte
Entre paradis et enfer
Selon ses désirs

***

LE ROUGE OU LE NOIR*

Désirs ou amertume
Compagnons nocturnes
Mal ou joie au réveil

***

TRAÎTRE A MON CŒUR*

Mon esprit, traître
M'embrouille dans la tourmente
De jour comme de nuit

***

COMME UN OISEAU

Ma carcasse est une enclume
Je voulais être un papillon
Quitte à mourir demain

***

MIRAGE*

Il est des lieux nébuleux
Où je te cherche, où je te trouve
Mais tu n'es déjà plus là


Quelques pas
plus loin


Il est des endroits
Où je traîne ma peine
Comme un morceau de moi

***

PENSÉE SOUDAINE

Le Bonheur est un mirage
Et nos paupières fermées
Continuent de le voir


© Mélody

vendredi 7 août 2015

Et si l’été se faisait femme…

Lorsque ton châle s’est envolé au lointain
Poussé par le vent capricieux de cet orage
Révélant la beauté de ta peau de satin,
Le temps indomptable me semblait mis en cage.

Ta chair portait bien le sceau de l’astre du jour
Comme nous l’avions deviné à ton allure
Cette insolence dont tu te drapais toujours
cachant aux yeux de tous ton côté obscure.

Ta colère éclate par des traits de lumière
Tu rayes le ciel gris de tes sombres éclairs
Tu charges d’électricité toute la terre
Ta force, ta volonté n’en est que plus claire

Ton rayonnant sourire nous a tant trompé,
Ces robes fleuries malmenées par l’Alyzée,
Ton regard tirant de la jade ses attraits
Et cette ardeur que les plus joyeuses t’enviaient

D’un geste de la main tu chassais les nuages
Préférant de loin la pureté d’un ciel bleu
Faisant de cette tenture le point d’ancrage,
Le refuge de tous tes rêves poussiéreux.

Tu es née du parfum des fleurs les plus fragiles;
T’abimant à la contemplation de l’azur
Tu frémis à l’idée d’un hiver peu fertile,
aux frissons qu’apportera la saison future.



© Océane