Je suis en haut d’une des tours des Twins Towers.
Bon, si Dieu existe, c’est le moment de s’annoncer. En plus, je suis quasiment à mi-distance, d’ici, il n’a pas à faire trop d’effort. Je regarde en l’air, tiens, il y a des oiseaux qui volent.
- Hé oh !!!
Je sens quelque chose de chaud et d’humide qui tombe sur mon front ; ok, merci Dieu. Une chiure d’oiseau, c’est une excellente idée pour me manifester ton soutien.
Bon allez, j’arrête de réfléchir.
Aujourd’hui c’est le plus grand jour de ma vie. Peut-être le dernier ; dans ce cas, ce ne sera pas le plus grand mais le plus court. Mais “qui ne tente rien n’a rien”, hein ?
Je contemple le vide sous mes pieds, et fais signe aux caméras de commencer à tourner.
Et je pose mon pied sur le câble d’acier qui est tendu entre les deux tours.
Les trois premiers pas sont toujours les plus durs. Ceux qui suivent sont plus simples. Pour empêcher mes jambes de trembler, je m’accroche à la métaphore du cuisinier. Le gâteau, c’est ma vie, je l’ai déjà préparée, cuisinée, avec amour comme il se doit. Maintenant, je fais la garniture. Du caramel, un cure-dents, et je tire des fils dans tous les sens. C’est beau, aérien. Et ça sublime ma vie (= mon gâteau). Maintenant elle est plus belle et vaut le coup d’être mangée, euh pardon: vécue.
Bon, c’est vrai, si un cuisinier rate sa garniture, il faut jeter le gâteau à la poubelle.
Un pas devant l’autre. Je tutoie le ciel. Le sol, ce n’est pas pour moi. Mes pieds nus me font un peu mal mais bon. Allez, un pas encore. Et encore un autre.
En bas, la police est arrivée. Quelqu’un doit être en train de gesticuler et de hurler dans des hauts-parleurs, redescendez monsieur !!! Mais je n’entends rien.
Je ferme les yeux.
Le monde devient rouge et orange, mais je suis tellement concentré qu’en fait je vois toujours la corde, grise, qui défile devant moi à l’infini. Des taches oranges s’épanouissent, prennent la forme d’un visage, puis d’une main, puis d’un avion, se diluent, s’évaporent et disparaissent. Des grains dorés s’associent et forment un ballet étourdissant. Mes yeux fermés sont une fourmilière, et toujours ce tapis de velours sombre, rassurant, au fond ; ici c’est chez moi. Avec la corde qui transperce ce monde feutré et me raccroche à la réalité.
Des centaines de pas plus tard, je suis à mi-chemin. Toute inquiétude envolée, je jouis.
Lentement, je lève les bras et salue le monde. Je suis la nouvelle statue de la Liberté.
Je viens de me détourner quand un mouvement retient mon attention.
Je me détourne et manque de basculer en arrière. Ça y est, je bascule. C’est irréel. Une partie de moi est en train de tomber, mais en fait mes entrailles sont encore à l’endroit où elles étaient il y a une seconde. Beurk, dégueulasse la statue de la Liberté.
En fait je ne vais peut-être pas mourir parce que je me suis rattrapé au câble d’acier. Ma perche par contre elle est en train de tomber. Elle me racontera comment c’était, quatre cent mètres de chute, quand je serai redescendu. J’espère qu’elle ne va pas casser parce que je l’aime bien. Mais elle va surement casser quand même, et c’est la vie. En parlant de vie, il faudrait peut-être que je remonte sur ce fichu fil pour ne pas la perdre pour de bon...
Par contre, ce mouvement que j’avais vu du coin de l’œil, il prend un aspect concret qui me déplait fortement.
Oups.
Ah, au fait, je vais peut-être mourir.
C’est pas comme si un avion me fonçait dessus...
A travers ce blog, nous voudrions partager une passion commune : l'écriture. Textes, poèmes, nouvelles, slams, n'importe quel écrit qui joue avec les mots nous intéresse. Nous aimerions les partager avec vous pour connaitre vos conseils, vos commentaires; pour progresser, murir, découvrir, se faire plaisir. Vous pouvez nous envoyer vos propres œuvres, vos illustrations, des chansons de votre composition, on les publiera, ainsi le style et la richesse du blog sera plus vaste...
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samedi 31 mars 2012
lundi 26 mars 2012
Il était une fois...
Il était une fois...
C'est vraiment une phrase magique
Une enfant dans les bois,
Un onirique porc-épique ?
C'est l'aube qui se lève une paupière qui se soulève une minute de trêve...
Sujet, verbe, COD :
C'est facile à décoder
Mais les plus grands savants du monde ,
Disséquant, critiquant - qu'ils sont immondes !
Ne peuvent dire quels trésors
Quelle princesse aux cheveux d'or
Sont blottis dans ses replis...
Dans cette phrase pour les enfants au lit !
Une phrase de châteaux
De sable
D'océans d'eau
Potable
De princesses
A la peau de chocolat
De promesses
Que cent ans durant on tiendra...
Je ne sais ce que vous pensez,
Cachés derrière vos lunettes,
Mais la lisant vous frémissez,
Dites, à moins que vous ne soyez bêtes ?
C'est vraiment une phrase magique
Une enfant dans les bois,
Un onirique porc-épique ?
C'est l'aube qui se lève une paupière qui se soulève une minute de trêve...
Sujet, verbe, COD :
C'est facile à décoder
Mais les plus grands savants du monde ,
Disséquant, critiquant - qu'ils sont immondes !
Ne peuvent dire quels trésors
Quelle princesse aux cheveux d'or
Sont blottis dans ses replis...
Dans cette phrase pour les enfants au lit !
Une phrase de châteaux
De sable
D'océans d'eau
Potable
De princesses
A la peau de chocolat
De promesses
Que cent ans durant on tiendra...
Je ne sais ce que vous pensez,
Cachés derrière vos lunettes,
Mais la lisant vous frémissez,
Dites, à moins que vous ne soyez bêtes ?
Célestine ©
Voici un extrait de texte dont je me suis inspirée pour écrire ce poème.
« Dans la petite ville des
Parfumeurs, cachée au fin fond la Forêt de l'Oubli, recueille
régulièrement les voyageurs imprudents qui s'y sont égarés. Ceux-ci, en
approchant du village, sont enivrés par les odeurs, et s'évanouissent.
Les Parfumeurs se relaient alors au chevet de l'endormi en lui lisant
des histoires, cherchant les "mots qui réveillent", seuls capables de
réanimer les voyageurs inconscients.
"Avant même d'ouvrir les yeux, j'ai su, à cause d'elle, que je n'avais rien à craindre ici, qu'on ne m'y voulait aucun mal. A mon chevet, une femme un peu ronde et les joues constellées de taches de rousseur me dévisageait, stupéfaite :
- Vous... vous êtes réveillée ?
Je n'étais pas la moins étonnée des deux :
- Oui... où suis-je ?
Elle tenait dans ses mains un livre d'images que je connaissais bien. On me l'avait lu, petite fille : Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne qui avaient sept enfants, tous garçons...
(...)
- Je vous assure, monsieur Eztergom, j'ai seulement dit "il était une fois"... et elle a ouvert les yeux ! Je venais de m'assoir, vous vous rendez compte ! Ah mademoiselle Hannah, vous venez de m'offrir le plus grand bonheur de ma vie !" »
"Avant même d'ouvrir les yeux, j'ai su, à cause d'elle, que je n'avais rien à craindre ici, qu'on ne m'y voulait aucun mal. A mon chevet, une femme un peu ronde et les joues constellées de taches de rousseur me dévisageait, stupéfaite :
- Vous... vous êtes réveillée ?
Je n'étais pas la moins étonnée des deux :
- Oui... où suis-je ?
Elle tenait dans ses mains un livre d'images que je connaissais bien. On me l'avait lu, petite fille : Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne qui avaient sept enfants, tous garçons...
(...)
- Je vous assure, monsieur Eztergom, j'ai seulement dit "il était une fois"... et elle a ouvert les yeux ! Je venais de m'assoir, vous vous rendez compte ! Ah mademoiselle Hannah, vous venez de m'offrir le plus grand bonheur de ma vie !" »
Jean-Claude Mourlevat, La rivière à l'envers, 2. Hannah.
dimanche 25 mars 2012
Myrtille (2)
“Ok, c’est bon ma petite Myrtille, arrête de stresser. Tu sais bien que quand tu entreras dans l’école de danse et que tu entendras la voix de la prof toute ta tension s’envolera.”
Myrtille ouvrit la porte et fit quelques pas timides en emplissant ses poumons de l’odeur de l’école, pour en imprégner la moindre de ses cellules. C’était une odeur extraordinaire, c’était l’odeur de la danse... Une tierce personne sentirait l’huile essentielle de lavande, l’odeur de la sueur moite des mains sur la barre en bois, celle du déodorant, mais Myrtille ne faisait pas partie de ces esprits si éminemment prosaïques ; elle ne s’arrêtait pas, comme les grandes personnes, sur la simple analyse d’une première sensation. Pour elle donc, l’école sentait la danse. Quant à la voix de sa prof, c’était la voix d’une ange, une voix qui pouvait tout, qui pouvait calmer ses peurs les plus hideuses, la plonger dans l'exaltation la plus profonde ou encore lui donner l’impression d’être une vulgaire crotte de mouche égarée sur le plancher brillant. C’est très puissant, l’effet de la voix d’une prof sur une enfant de onze ans.
En passant, Myrtille jeta un regard mi-critique mi-satisfait au miroir. C’est bon, pas de trace de chocolat sur son minois fin. Elle ne s’attarda presque pas sur sa silhouette. Toute menue, elle en était ravie ; mais regarder son corps comme ça la gênait. Sans mouvement pour l’animer, elle éprouvait un sentiment diffus d’... inutilité. Elle soupira et entra dans les vestiaires.
Si dans la salle de danse, les cours se déroulaient dans le silence et la discipline, les vestiaires étaient comme un autre monde. Pour un observateur non averti, il est ahurissant de se dire que ces demoiselles fébriles, gloussant et parlant trop fort, seraient dans quelques minutes métamorphosées en élèves studieuses et attentives. Myrtille se faufila discrètement entre ses camarades sans prendre part aux commérages. Il lui fallut quelques minutes à peine pour se déguiser en danseuse. Elle enfila avec habileté collants, justaucorps et petits chaussons roses. Son chignon, à sa grande fierté, fut réalisé en un tour de main. Un chignon pour une danseuse, c’est comme la mayonnaise pour les cuisiniers. C’est un objet de fierté, un signe de reconnaissance. Une danseuse en reconnaît une autre à son chignon. Un cuisinier, en goûtant une mayonnaise, sait d’instinct si son hôte sait bien mitonner ses plats.
Comme à son habitude, Myrtille fut la première à rentrer dans la salle. Elle se blottit dans un coin et admira sa prof de tout son saoul. C’était une toute petite femme, la trentaine, brune, toute menue. Elle ressemblait à un écureuil. Elle était incroyablement belle.
Puis les élèves entrèrent en file et s’installèrent à la barre, dans un ordre établi depuis longtemps. Chacune des petites danseuses ne céderait sa place pour rien au monde.
“- Première position. Deux pliés, un grand plié, penché en avant, en arrière, relevé sur pointe. Pareil en seconde, en quatrième et en cinquième position. Avec sourire et légerté. On y va.”
Les premiers accords emplirent l’espace.
Un poids quitta la poitrine de la jeune fille, remplacé par un sentiment confus de bien-être, d’évidence, de liberté.
Myrtille s’envola.
Célestine ©
samedi 24 mars 2012
Piège
Peut-être, au fond, existe-t-il
Cette chose si fragile
Si longuement recherchée
Par tous ces hommes dénués
La joie et le bonheur
Qui irradieraient leurs douleurs,
Qui étoufferaient ces maux qui les hantent,
Qui laissent leurs poitrines béantes
Peut-être que les hommes n’auront plus peur de la différence
Qu’ils se laisseront apprivoiser par cette légère dissonance,
Que plus jamais ils n’attendront,
Frémissant de haine et poltrons,
Transpirant de douleur,
Éjaculant leur rancœur.
Peut-être qu'ils pourront cracher leurs faiblesses,
Et puis respecter leurs promesses,
Ne plus attendre le bonheur
Pour penser à être heureux
Ne plus attendre l’heure
Où le destin choisira pour eux
Alors il y aura enfin
La petite fille innocente,
Qui court au bord du chemin
Le garçon aux mille visages
qui grandira un jour,
Jusqu’à n’atteindre plus d’âge
La femme qui pleure doucement,
Sans plus avoir honte
De livrer ses tourments,
L’enfant de tous les Hommes
Qui s’élèvera plus haut que les autres,
Jusqu’à toucher le ciel et son arôme
Et la Mort, en contrebas,
Qui juste, attendra.
Cette chose si fragile
Si longuement recherchée
Par tous ces hommes dénués
La joie et le bonheur
Qui irradieraient leurs douleurs,
Qui étoufferaient ces maux qui les hantent,
Qui laissent leurs poitrines béantes
Peut-être que les hommes n’auront plus peur de la différence
Qu’ils se laisseront apprivoiser par cette légère dissonance,
Que plus jamais ils n’attendront,
Frémissant de haine et poltrons,
Transpirant de douleur,
Éjaculant leur rancœur.
Peut-être qu'ils pourront cracher leurs faiblesses,
Et puis respecter leurs promesses,
Ne plus attendre le bonheur
Pour penser à être heureux
Ne plus attendre l’heure
Où le destin choisira pour eux
Alors il y aura enfin
La petite fille innocente,
Qui court au bord du chemin
Le garçon aux mille visages
qui grandira un jour,
Jusqu’à n’atteindre plus d’âge
La femme qui pleure doucement,
Sans plus avoir honte
De livrer ses tourments,
L’enfant de tous les Hommes
Qui s’élèvera plus haut que les autres,
Jusqu’à toucher le ciel et son arôme
Et la Mort, en contrebas,
Qui juste, attendra.
Jennsen ©
mercredi 7 mars 2012
Coup de Coeur : L'Epée de Vérité de Terry Goodkind
« La Première Leçon du Sorcier » est le premier tome de cette série de fantasy américaine écrite par Terry Goodkind : L’Épée de Vérité.
C'est l'histoire d'un jeune guide forestier nommé Richard qui rencontre un jour par hasard une étrange femme en robe blanche qui va faire naître le mystère en ne lui accordant que son nom : Kahlan Amnell.
La jeune femme dit venir chercher le Premier Sorcier dont tout le monde à oublié le nom pour qu'il l'aide à délivrer le monde de l'ignoble tyran Darken Rahl avant qu'il ne le plonge dans les ténèbres grâce aux trois boîtes d'Orden. Mais le Premier Sorcier n'est autre que Zedd, le meilleur ami de Richard, en réalité le grand Zeddicus Zu'l Zorander qui a fui les Contrées du Milieu pour mener une vie paisible dans la seule contrée immunisée de la magie: Terre d'Ouest.
Zedd, avant de partir des Contrées du Milieu, avait volontairement provoquée l'apparition de frontières magiques infranchissables qui donnent sur le Royaume des Morts si on les traverse, permettant ainsi de stopper la guerre qui faisait rage entre D'Hara et les Contrées, et isolant sa future terre d'exil.
Mais les frontières faiblissent désormais, et Darken Rahl va bientôt pouvoir étendre son pouvoir aux autres contrées qu'il convoite. Le seul moyen de vaincre le tyran est de nommer un Sourcier de Vérité, détenteur de l’Épée de Vérité aux pouvoirs étranges. Zedd choisit donc celui qui lui paraît être le Sourcier idéal et qui remplira parfaitement sa mission : Richard.
Après avoir trouvé le moyen de traverser la frontière maudite, le Sourcier et ses compagnons poursuivront leur course contre la montre dans les Contrées du Milieu, territoire où Kahlan deviendra son guide. Cependant, le jeune femme vêtue de blanc détient un pouvoir puissant et mystérieux qu'elle cachera à Richard et qui les empêchera de nouer des liens aussi profonds qu'ils l'aimeraient...
Pour la suite, il faut lire le livre, désolée j'en ai déjà trop dit !
Bref, je vous conseille vivement la série de l’Épée de Vérité, sauf si vous voulez vous coucher tôt le soir ! Impossible de s'en décrocher !
Avec le tome 0 qui raconte le temps où Zedd était jeune, avant la création des frontières et la naissances des deux héros que sont Richard et Kahlan, il y a 10 autres tomes, tous plus passionnants les uns que les autres, où Terry Goodkind nous prouve combien il a du talent, et qui justifie son titre de « nouveau prodige de la Fantasy américaine ». Sur le livre, Marion Zimmer Bradley (l'auteure des Dames du Lac) affirme même que « Ces romans vont tout balayer sur leur passage comme le firent ceux de Tolkien dans les années 60.»
Mélody ©
