jeudi 19 décembre 2013

Rapports humains ( La dictature de l'argent )

Ô triste pays,
C'est la peine du pauvre qui s'exprime.

  Je cherche dans la foule soumise
  A la corruption du capitalisme,
  Une personne à aimer désespérément,
  Une âme intacte au contact de l'argent.
  
Ô triste monde,
C'est la haine du pauvre qui s'exprime;

Des âmes perdues qui courent toujours
En tous sens, c'est le chemin de la vie.
Payer pour suivre le temps qui sévit
Et acheter la misère humaine.
Du haut des pyramides, les vautours
Guettent la cupidité humaine.

Une société de consommation
Et puis des moutons,
Tous, des moutons...

Tous ces menteurs déguisés en politiciens
Aidés de leurs urnes pleines d'idées vides,
Ils ignorent le destin des fils d'électriciens.
La belle bourgeoisie qui demande, avide,
Toujours un peu plus pour mourir normalement,
Toujours un peu plus pour vivre tranquillement.

Une société de consommation
Et puis des moutons,
Tous, des moutons...

Le prix des guerres se vend aux enchères
Mais économisons car maintenant
L'encre pour signer est d'autant plus chère,
Qu'il ne reste plus qu'un seul continent.
L'empire monétaire à tout relié
Grâce aux politiciens par millier.

         Sous les drapeaux blancs,
              Dieu veille sur eux,
   A pied joint dans des flaques de sang.

Une société de consommation
Et des humains,
Tous, des humains.

    Wilhelm ©

dimanche 8 décembre 2013

Demain est hier


Le temps m'emporte dans son plaisir indécent, 
L'amour fou me traîne mais je suis innocent ! 

L'été, je le sais, est mort depuis longtemps 
Et je m'en rappelle encore face au vent. 

Mais la simple beauté de mon bourreau 
Dissuadera mes espoirs spectraux 

Il ne restera que des cendres 
Que le brasier va répandre

Car je vais mourir devant elle
Et brûler en mots irréels

Fidèles balbutiements
D'un soupir du long moment

Mon beau cercueil m'attend,
Réduit et éclatant 

Mon corps funeste
Sera sans reste

Le temps file !
Le temps file !

Mais j'aime
Quand même

Trop tard,
L'histoire

Fi-
Nie.

Wilhelm ©

jeudi 14 novembre 2013

Démo des mots des maux

L'insomnie me gagne,
La fin commence maintenant.
L'ironie m'épargne,
Parfum, clémence du printemps.

Des pas, des voix, un cri, des hurlements, l'air se déchire
Dangereusement.
Des rats, une croix, Jésus-Christ abondamment, père ce délire
Malheureusement et tristement,

L'insomnie me gagne,
La fin commence maintenant.
L'ironie m'épargne,
Parfum, clémence du printemps.

J'implore l'autre monde de toute ma peine misérable
Et incurable
Pour clore notre immonde vie, source d'un gêne exécrable
Lamentablement détestable.

Soir révolu,
Je l'ai fait.
Noir absolu,
J'ai tué.

Fin de notre vie.


L'insomnie me soigne,
La fin commence maintenant.
L'hystérie s'éloigne,
Parfum, clémence du printemps.

Fin de notre vie.


Wilhelm ©

lundi 11 novembre 2013

Guerre

  Clair de Lune sur une plaine
                   Paire de dune conquis par haine
                                   Soldat en pleine action
            Renvoie la prédilection
                                                         Cendres noircies dans les airs
                                                     Grande magie de la guerre                       Des feux mangent et rugissent
                        Les yeux changés, rougissent

Sur la Terre de sang et de poussière
De nos pères, enfants, cessons la guerre

                            Squelettes innombrables
                                            Si longtemps prisonniers de la tombe      
Squelettes mémorables
                                  Bientôt libérés des catacombes

        Armée dansante une nuit de guerre
                                       Armée croissante sortie de terre                    L'assaut résonne au fin fond
                                                          Là-haut personne ne répond                                                         Maintes vies captives par la mort
  Plaintes vives tardives car encore
                                            Des frères se sont combattus 
               Pour l'air innocent, disparu 

Sur la Terre de sang et de poussière,
De nos pères, enfants, cessons la guerre

        Serviteurs faucheurs de vies
                                              L'heure de la sentence à sonnée
                              Serviteurs voleurs de vies
                                                                     Mère de la vengeance a frappé

La nuit maléfique s'achève ainsi
                                                            Les cris colériques se taisent ici
                       Demain ils reviendront
                                                   Malsains et grands démons
Les hommes méritants leur mort
                                   Les femmes héritent leur sort

Sur la Terre de sang et de poussière,
De nos pères, enfants, cessons la guerre




"La guerre ne laisse aux survivants que des cimetières à se partager" - André Frossard

"Et le combat cessa faute de combattants" - Pierre Corneille 


                               ***                            

  Je ne suis pas de ceux qui aiment discuter de ses propres écrits. Je n'aime pas les critiques, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, ni l'orgueil que je pourrais échapper honteusement si ces critiques se révèlent flatteuses. Je n'aime pas discuter de mes écrits car selon moi, on ne peut évoluer que par soi-même, et si je ne suis pas en attente d'avis divers, c'est parce que j'écris pour un éventail de lecteurs assez large, du moins j'essaie.
  Pourtant je tiens à préciser que ce poème est, avant tout, une participation à la commémoration du 11 novembre, certes, non sans une pointe de maladresse. Ce n'est peut-être pas le moyen adéquat, c'est sans doute un bide complet, c'est peut-être un désastre mais en tant que poète amateur, j'essaie d'innover du mieux que je peux. De plus que faut-il faire pour commémorer ? Une minute de silence ? Que deviendront ces 5 ans de guerre résumé brièvement en 60 secondes lorsque l'aiguille aura parcouru le tour de son cadran? La commémoration ne sera à cet instant, déjà qu'un lointain souvenir et au jour du 12 novembre on aura tout oublié. 
  Il reste les mots. Ces groupes de lettres, qui mêmes inaperçus, resteront contre le temps pour témoigner de l'homme, ce qu'il a été et ce qu'il est en train de devenir... Au fond, personne ne sait. Le monde devient égoïste, le monde s'en fout, il veut consommer le présent sans se poser de questions. Les nouvelles générations sont l'absolu d'un " je m’enfoutisme " irrespectueux de tout. Donc je le fais par principe, par devoir, pour rappeler ce qui s'est passé et ainsi avoir L'ESPOIR d'un futur meilleur. Si le monde veut bien ...
                                                                                                                                          
Wilhelm ©

dimanche 3 novembre 2013

Le Dieu des Barbies

Ceci est un texte fictif à visée uniquement humoristique

Peut-être que vous ne le savez pas, mais en réalité, nous sommes de simples marionnettes dont quelqu'un tire les ficelles, d'ailleurs ce quelqu'un on l'appelle communément Dieu. Les gens ne sont pas tous d'accord quant à la parole de ce Dieu, mais c'est tout à fait normal parce qu'en fait il y a plusieurs dieux. Ce serait trop dur pour une personne seule de s'occuper de tant de monde. Vous savez, c'est comme quand on joue aux Barbies ou aux Playmobils : on invente une histoire, on fait parler les personnages, etc. Là c'est exactement pareil... en plus compliqué. 

Par exemple : des fois vous avez l'impression de ne plus contrôler vos pensées, elles dérivent sans que vous arriviez à vous en défaire. Moi je sais pourquoi. C'est Dieu qui vous contrôle, vous ne pouvez rien faire pour l'en empêcher ! La plupart du temps vous êtes en "mode automatique" parce qu'il y a trop de marionnettes pour qu'il s'occupe tout le temps de vous, alors au lieu de vous poser dans un coin comme les enfants le fond avec des Barbies, maintenant que la technologie de l'automatisme existe, il vous laisse jouer tout(e) seul(e) pendant qu'il va voir ailleurs vérifier que tout fonctionne bien. Mais le pauvre petit dieu il est débordé, alors souvent quand ça marche pas bien il peut pas agir tout de suite. C'est pour ça que des gens se retrouvent dans le coma pendant des semaines ou des mois, parce que le "mode automatique" ne fonctionne plus et que le dieu est trop occupé pour reprendre le contrôle de la Barbie. 

Quand Jésus est arrivé, ce n'était pas son fils comme tout le monde le croit, mais une Barbie comme les autres, enfin non pas comme les autres, le Dieu qui s'occupait de lui était un inventeur, un expérimentateur, et il a bidouillé son cerveau pour le rendre plus intelligent et enlever le plus de défauts possibles qui revenaient chez les êtres humains. Mais quand il a vu toute la pagaille que ça a donné, il a abandonné l'idée de faire pareil avec toutes les Barbies, en plus ça lui aurait prit beaucoup trop de temps et d'argent, c'est fou comme ça consomme comme matière ces petites choses.

Des fois Dieu il s’ennuie un peu, il fait toujours la même chose avec ses Playmobils, alors il provoque une catastrophe soi-disant naturelle pour avoir quelque chose de nouveau à s'occuper, ou alors il s'amuse avec d'autres jouets mais des fois y en a qui tombent et qui atterrissent sur la Terre. Et comme ces jouets-là ils ne viennent pas de la Terre, on les appelle "Extraterrestres". Après les hommes ils inventent plein d'histoires compliquées pour essayer de comprendre, ils sont un peu bêtes quand-même, c'est si simple. Et puis des fois aussi, y a des trucs qui disparaissent, et les hommes ils disent que c'est de la magie. C'est bizarre comme nom, magie, pour l'intervention d'un Dieu.

Et puis détrompez-vous, Dieu il n'est pas forcément super extra intelligent (ni vieux et barbu d'ailleurs) ! D'abord, si c'était le cas, on aurait moins de problèmes. Mais quand on est marionnettiste, les problèmes on s'en fiche un peu, parce que ce n'est qu'un jeu. Comme il voit tout d'en haut (y a trop de détails pour qu'il se penche sur chacun !) ben pour lui quand quelqu'un meurt c'est pas bien grave, il se rend pas compte de la tristesse des gens, il voit tout de trop loin, il peut rien faire pour eux. D'ailleurs y a trop de gens malheureux pour qu'il prenne le temps de les aider tous. Et puis à force y aurait surpopulation (c'est inhumain mais c'est la vérité véritable). C'est pour ça que tout les gens qui ont désespérément cherché l'immortalité ils l'ont jamais trouvée, Dieu il tient pas à avoir toujours plus de marionnettes à s'occuper, et encore moins si c'est toujours les mêmes têtes. C'est qu'il s'est prit à son propre jeu, notre petit Dieu ! Maintenant qu'il a inventé la (re)production automatique à la chaîne, il a de plus en plus de Barbies à s'occuper, et il ne peut plus s'arrêter de jouer – le pauvre ! Enfin on va pas le plaindre, puisqu'on est ses victimes, malheureux petits humains que nous sommes. Bien-sûr il a essayé de trouver des parades à sa catastrophique invention de reproduction automatique, mais ça à moins bien marché (d'abord la stérilité, mais ça ne prenait que sur quelques uns, puis les sermons sur le péché de la luxure des hommes d'églises – ses messagers ? N'importe quoi, juste des marionnettes un peu différentes qui ont réussi mieux que les autres à se faire respecter pendant quelques siècles – puis enfin la contraception). En plus, pour ceux qui sont stériles, les Playmobils productifs malgré eux leurs échangent leur production... Dieu n'est pas sorti de l'auberge.

Enfin bref, ce n'est qu'un problème parmi d'autres, parce qu'en termes d'inventions foireuses, ils ont plutôt bien réussi, les Dieux des Barbies. Déjà la connerie : ils ont renversé tout le sachet de cons, sans faire exprès, n'empêche que maintenant on est bien. En plus les cons ça se reproduit bien aussi – mais enfin, les Dieux, pourquoi a-t-il fallu que vous en mettiez sur la Terre, des cons ?! 


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Ensuite, ils ont inventé la pollution, que les cons se sont bien sûr empressés de tester – sans plus pouvoir s'arrêter.


Il faut se rendre à l'évidence, nos Dieux sont des débutants, et nous des cobayes. Bien loin d'être les plus sages et les plus intelligentes personnes qui existent (c'est bien dommage). Rien ne sert donc de les aduler, de toute façon ils ne nous entendent pas – même s'ils nous écoutaient, nous sommes bien trop petits et nombreux – ils s'en contrefichent, et ne le méritent pas. Gardons donc notre temps pour essayer de réparer leurs malheureuses bêtises. 

Mélody ©

mardi 15 octobre 2013

Pensées de la nuit

Mes rêves me torturent lentement
 Mais je ne sais jamais réellement
  Si le temps demeure éternellement
   Ou s'il est déjà partit lâchement

   Mais la rage me tient

je sais que j'ai perdu
L'amour ne m'est pas destiné
La joie et sa vertu
S'est effacée puis a crié
La beauté disparue

   Mais la rage me tient
   Mais la rage me tient
                   
j'ai retrouvé par terre
Le mot déchiré de ta main
Dans ce destin en verre
Cet amour abordé en vain
Qui a tué la guerre

   Mais la rage me tient
   Et la honte revient

   Les limites du réel vagabondent tristement
  Et je peux les franchir avant chaque instants,
 Je peux m'en aller sombrer dans tes bras passionnément
Car jusqu'à la fin, le temps n'a pas de présent

Mais le jour revient
Et la honte me tient
                                                Wilhelm©

mardi 3 septembre 2013

Embruns

Ce poème est dédié à Candide.

 
 

La vague s'étire, la vague se penche
La vague t'attire, s'esclaffe et s'avance
La vague murmure, ainsi elle te berce
La vague s'allonge, et elle te caresse

La vague joue avec les rayons du soleil
La vague chaque jour un peu plus t'émerveille

Tu t'endors sur son dos
Tu t'allonges dans ses flots
Elle te chante doucement sa berceuse
Et t'entraîne : la danse est langoureuse

La vague s'agite, la vague s'apaise
La vague se délite, ses remous te plaisent
Est-ce une sirène d'écume au fort parfum de sel,
Ou un rayon de lune coloré par le ciel ?

Tu perds toute notion du temps qui passe
Tant que ses bras te serrent, t'enlacent
Alors que dans tes yeux elle renaît
Pourvu que la pluie ne s'arrête jamais

Mélody ©

jeudi 29 août 2013

Apologie des lectures classiques

Chers amis - damoiseaux, demoiselles - aujourd'hui je vais vous faire part d'une décision grave, importante, qui va changer votre destin ; aujourd'hui j'ai décidé de vous faire aimer les livres classiques. J'entends par classiques, l'ensemble de ces abominations - l'odieux préjugé ! - qu'on vous fait ingurgiter à votre corps défendant en classe. Il se trouve que je suis une "littéraire", une vraie, de ces ovnis qui se plongent avec délectation dans Zola & cie au grand désespoir de ses amis. Ils doivent avoir peur que bientôt de la poussière tapisse mes narines et que j'aie des toiles d'araignées dans les cheveux. Bref !
La mission que le ciel je me suis attribuée est donc de faire la promotion de ces chers ouvrages. Premièrement ils ne sont pas ennuyeux du tout. C'est faux, archifaux. Vous les trouvez chiants parce que vous en avez PEUR, parce que c'est cette vieille loque moche / cet odieux machin à l'oeil pervers qui vous sert de professeur de français qui vous a demandé de le lire. Et que tout le monde râle à leur vue, ce qui rend la lecture très décourageante. Je vois d'ici votre grimace de dégoût avant de vous décider à ouvrir, du bout des ongles de peur d'être contaminés par ce charabia d'encre grouillante, Le Rouge et le Noir de Stendhal ou quelque autre barbarie archaïque.
Mais sachez tout de même, soyez prévenus, si nous ne suivez pas les foules qui s'arrêtent à la vingtième page, alors vous pouvez apprendre à apprécier ce langage qui vous dépayse par sa complexité apparente. Ces tournures de phrases qui vous paraissent longues et tortueuses sont en réalité des modulations adroites, sensibles, subtiles. Par analogie, parlons un peu des intrigues. Bien entendu, quand on est habitué à une histoire qui se déroule à toute vitesse sans réelle subtilité (et qui plus est, écrite en américain retranscrit en français basique à lecture garantie sans utilisation du cerveau), on refuse de tenter de s'acclimater, par habitude, par paresse. Vu comme ça, ce n'est pas bien reluisant, hein ? Et (ou comme dirait Zola : oh !) malheureux celui qui n'a pas connu le plaisir de prendre le temps, de voir l'histoire se dérouler avec lenteur et ampleur, implacable et sublime, de goûter la beauté d'une phrase qui atteint avec la précision d'une lame sa cible - votre coeur -. Moi, je parle d'orgasme littéraire, parce qu'au détour d'une phrase c'est la perfection que je rencontre ; mais c'est vrai aussi que je suis folle.
Dernier préjugé qui m'obnubile : les classiques, passés de mode ? Mais justement, ils sont passés à la postérité parce qu'ils sont INDÉMODABLES ! Ce sont tous les chefs d'oeuvre qui parlent avec tant de brio de l'homme et de tout ce qui s'y rapporte qu'ils ne cessent de nous émouvoir malgré le changement des mentalités. Les autres seront oubliés dans dix ans. Ne suivez pas mon regard, les amateurs de Twilight pourraient se sentir légèrement vexés.
Ainsi, on gagne tout à lire des classiques. On gagne en technique, en style d'écriture - c'est un art ! On apprend nous aussi à écrire juste et beau, à perdre nos maladresses d'enfant, à moduler les phrases pour mieux transmettre. On découvre des intrigues touchantes et humaines, cohérentes et pertinentes, souvent ficelées avec une habileté et une sensibilité incroyable (avez-vous lu Notre Dame de Paris de Hugo ? Enfin on gagne en faculté de concentration et en patience (je dois vous le concéder...), en sensibilité, en plaisir enfin, ce plaisir de lire si gigantesquement important !
Attention. Je ne veux surtout pas, en écrivant ceci, dénigrer les livres actuels. Les livres jeunesse détendent et sont pleins d'imagination, beaucoup d'oeuvres contemporaines sont simplement admirables. Mais enfin qui prétend devenir peintre sans avoir admiré les oeuvres de toutes les époques, qui prétend devenir danseur sans danser le classique, qui prétend avancer sans être poussé par le vent arrière ? Qui prétend devenir créateur sans aimer l'art ?
Je ne vous ai pas convaincus ? Aucune importance. J'espère juste avoir attiré votre attention car je vais certainement repasser à l'attaque bientôt. J'aimerais beaucoup vous présenter mes chouchous, tâcher de vous transmettre un peu de ma passion pour ces classiques remarquables.
Et si de votre coté vous vous y mettiez, alors je serais la plus heureuse.

Célestine ©

lundi 12 août 2013

Danaé

Ce texte a été inspiré par un tableau que j'ai pu contempler au musée des Beaux-arts de Brest. Il est intitulé "Danaé", a été peint par Alexandre-Jacques Chantron en 1891. Je vous en donne un aperçu... Pour vous donner un ordre d'idée, c'est un grand tableau, il a été peint à l'échelle je pense.


 
Dans la mythologie grecque, Danaé est la fille du roi d'Argos, Acrisios. Mais l'oracle est formel : le fils de Danaé tuerait Acrisios. Alors celui-ci décida d'empêcher la naissance de cet héritier à tout prix, et il enferma sa fille dans une prison de bronze, à l'écart du monde.

Elle était vierge, savourant sa jeunesse dorée comme sa peau, vibrant dans l'attente de la sensualité. Une jeune humaine, radieuse. Elle savait la valeur de son innocence faite d'expectations et de rêves troublés cachés sous la couette. Elle souhaitait s'offrir au monde, avec orgueil, un orgueil tout simple qui tenait au fait que c'était de sa jeunesse à elle qu'il s'agissait, que de son adolescence de princesse il ne pouvait découler que des aventures au parfum d'exception et au goût de miel. Danaé grandissait, mûrissait comme un fruit qui attend impatiement de tomber de l'arbre, d'entrer enfin dans ce monde, d'y entrer avec délice, avec excès, de vivre enfin !

La peur la saisit et la faucha comme un épi de blé quand on l'enferma dans une cave. Murée à vie, elle resterait donc éternellement enveloppée de ce voile d'ignorence et d'attente ? Elle n'aurait donc pas droit à ce que toutes les filles découvrent un jour, cette chose unique et différente pour toutes ? Ses amours resteraitent donc chimères ? Elle n'aurait que son rêve caché sous la couette pour lui tenir compagnie, la déflorer soir après soir, chaque soir plus beau et chaque soir détruit par sa propre impossibilité de se réaliser un jour... Murée à vie, elle resterait un fantôme pale, inachevé, délavé par la lassitude et les larmes.
Avec seulement ces parois de bronze, impassibles, et la main de sa nourrice pour recueillir ses larmes et l'empêcher d'écraser la tête de la jeune fille sous leur masse de chagrin.

Mais il y eut un dieu qui décida que l'histoire ne s'arrêterait pas là. Il ne voulut pas sauver Danaé, il n'avait que faire du sort des mortels. Mais il observa, curieux puis avide, ce bout de chair éperdu et palpitant, ce grand corps doré qui voulait un amant, et il le désira. Comme un fou, il voulut que cette fille l'aimât, il voulut cette fille en sacrifice à son désir et à son égoïsme.


Le vent la casesse, lui embrasse le cou, joue avec des mèches de cheveux et effleure son oreille...
Non, ce doit être un rêve, il n'y a pas de vent ici. Cette unique fenêtre qui ne permet même pas d'apercevoir le ciel est bien trop avare pour laisser passer une chose si précieuse. Danaé se laisse retomber dans sa morne langueur.
Bonjour, petite chose...
- Qui êtes-vous ?
Je suis et je ne suis pas. Mais toi, tu es à moi. Dis moi un peu que tu es à moi...
- Qui êtes-vous ?
M'aimes-tu ?
- Je veux vous connaitre...
Bien... à bientôt.
Silence. Attente. Indécision... doute. Peur et désir.
Silence. Attente. Attente. Attente. Déception.

Avait-elle rêvé cette conversation ? Etait-elle devenue folle ? Après tout, peu importait. Elle était seule, irrémédiablement, irréductiblement seule, pour toujours. La tristesse devint désespoir ; il lui fallut hurler sa colère, hurler à s'en arracher les cordes vocales, hurler pour déchirer l'air qui l'entourait, casser ce présent, crever la trame du monde et sortir par cette brèche pour enfin respirer, car l'air était si étouffant ici, non elle ne pourrait pas survivre ainsi. Sa solitude se coulait dans ses entrailles, les tordant, les brûlant, et l'affolait. Mais ses cris percutaient vainement les murs. Sa peine sans s'adoucir se mua lentement en sommeil amer.

Sous mes paupières closes, le monde est rouge et orange, mes yeux fermés sont mon palais, chez moi je suis maîtresse et tout peut arriver. Ici tout est bien-être, tiédeur. Je sens un frisson qui me parcourt toute entière. Oui, mon amour est là, je le sens, je garde mes yeux fermés pour qu'il puisse me caresser, j'étire mon corps sur ma couche et je le sens sur moi. Il est enfin arrivé... mon amour.
Et le contact devient réel.
Danaé tressaille et ouvre ses yeux d'un coup. Son sang plein de douce volupté bat soudain furieusement et s'emplit d'excitation. Toute cette lumière derrière le rideau... c'est son amour, aucun doute. Sans s'inquiéter de sa nudité, sans se soucier de l'interdit, puisqu'il était là, son destin, elle tend le bras, elle ouvre le lourd rideau, elle s'offre à l'inconnu, oui, elle choisit de s'offrir, elle ne veut rien garder pour elle.
Et c'est l'or, une pluie d'or, légère et pressante, chaude et passionnée, qui vient se poser sur elle. C'est le soleil, c'est la vie qui la caresse, son corps entier en est enveloppé. L'or est ferme et solide, l'or est doux et liquide, l'or et son corps ne font plus qu'un, Danaé se fait frisson et le monde entier n'est plus que plaisir.
Le temps ne devient plus qu'un concept abstrait.
Puis l'or l'embrasse une dernière fois, et s'envole.
Sauf une particule qui s'est si étroitement fondue dans le sang de Danaé qu'elle ne peut plus s'en séparer.

C'est ainsi que naquit Persée, fruit de l'union de Zeus et de Danaé.



Célestine ©

Tétophonie

A lire le plus vite possible :
Un têtard très têtu tenta de téter sa tante Tahis de Tahiti tatouée au téton d'un tout petit tatou teinté et tacheté, mais la tatie Tahis, très tarabiscotée et toquée, tempêta et tournicota tant elle était troublée par ce têtard téméraire, et elle tant péta qu'elle tomba.
Le têtard a tété et tournicoté et est tombé. Il a retenté de téter au téton tatoué d'un tout petit tatou de sa tante Tahis de Tahiti très attrayant, mais la tatie trotta et détala très loin du têtard téméraire tout triste !

Mélody ©

dimanche 21 juillet 2013

Eloge des mots

Ma main n'a jamais voulu dessiner. Une sorte de maladresse la saisit, elle se refuse à tracer ces grands traits habiles, si agréables à contempler. Ma main a préféré gribouiller. Donner naissance à des petites fourmis, qui s'étalent avec orgueil ou bien se serrent pour prendre moins de place. Petits signes irréguliers, tordus, chiffonnés.
Oui, ma main a préféré les mots.
Ces mots si petits qui disent des choses si grandes...
Ces grains de sable qui s'égrènent un à un du sablier de nos pensées, cadençant notre âme, rythmant notre vie.
Tous les arts savent nous faire vibrer, renvoyer à notre âme un écho de sa substance, la gonfler tout en faisant crier de plaisir notre esprit. Moi, je suis tombée amoureuse de la danse et des mots. La danse trace l'humain à grandes lignes de feu, brûlant puis disparaissant, happées par le passé ; mais la minutie méthodique de ces phrases tissées avec une patience infinie par l'homme depuis des siècles me fait frissonner.
Petites perles savoureuses... je vous aime à la folie.
Vous m'avez bercée, émue, portée, trompée, caressée. Vous vous êtes faits doux, piquants, salés, colorés, fondants ou croustillants. Comiques, tragiques, pathétiques, oniriques, tropiques, fantastiques... Des larges impressions aux plus petits détails ; des couleurs chatoyantes à la tristesse insondable de noirceur ; du doux à l'insoutenable. Les mots ne reflètent pas simplement l'imagination des hommes ; ils la portent, l'enrichissent, ils lui offrent une dimension nouvelle, somptueuse... voluptueuse !
Oui, et je n'ai nulle honte à l'avouer : ma relation aux mots est presque sensuelle.
J'aime ces mots bombardés énergiquement ou doucement soufflés, saisis goulûment ou savourés lentement.
J'aime ces mots qui m'emportent.
J'aime les mots.

Célestine ©

jeudi 11 juillet 2013

La Bombe

Sous un manteau de velours elle se cache
Mais dès qu'autour d'elle l'atmosphère s'embrase
Le feu sort de sa bouche ; c'est un dragon qui crache
Jusqu'à-ce que son ennemi, vaincu, s'écrase

Alors, reine du bal, elle revêt le manteau trompeur
L'ennemi vaincu plonge dans une illusion de douceur
Jusqu'à-ce qu'à nouveau le courroux face surface
Que la bombe, déchaînée, de sang marque ses traces

L'ennemi hurle de douleur, corps et cœur déchirés
La bombe n'entend qu'elle, à nouveau prête à exploser
Insensible et bouillante, aveugle et inconsciente
Dans une atmosphère de tourmente elle aime se baigner

Puis la pluie tombe enfin ; la bombe refroidit
La vapeur forme un nuage se dispersant dans la nuit
La bombe s'en va nonchalamment, recouvre ses esprits
Pour elle l'orage est passé ; la victime est anéantie

Mais elle n'oublie jamais, et elle retient toujours
Le prochain orage est proche, méfiez-vous, il accoure...


Mélody ©

vendredi 5 juillet 2013

L'assassin de la mort.

-Votre nom ?
-La mort.
-Très bien. Qu'avez-vous ?
-Je me sens faible docteur. Je me fais vieille, ma fin est proche.
Le docteur inspira un grand coup tout en gribouillant sur une feuille de papier.
-Je comprend tout à fait.
-Et puis si je meurs qui s'occupera des gens qui doivent mourir ?
Le sexagénaire considéra La mort un long moment avant de rabaisser son regard sur son stylo.
-Je crois que nous pourrions vivre éternellement.
-Mais si la mort meurt, que vont faire tous ces hommes ?
-Toute chose à une fin, madame.
La mort soupira.
-Si la mort venait à disparaître, quelle vie auriez-vous ? Réfléchissez, bon sang !
-Il n'y aurait plus de guerre, ce ne serait pas si mal. Écoutez, si il n'y a plus de mort cela voudrait dire plus de meurtre ni aucun crime contre des vies humaines, les hommes pourront enfin vivre en paix.
-Docteur vous êtes le vingt-troisième que je consulte et le vingt-troisième qui refuse de me guérir. Pourquoi ne pas m'aider ? Vous courrez à votre perte...
-Bon, posez votre faux et allez vous asseoir sur la couchette, je vais voir ce que je peux faire.
La mort obéit.
-Pour l’auscultation je vais vous demander d'enlever votre haut.
Elle enleva son linceul noir et dévoila ses os d'une pâle blancheur.
Le docteur plaqua son stéthoscope glacial contre l'une des côtes.
-Toussez pour voir...
La mort toussa.
-Encore une fois.
Et tout à coup, le docteur attrapa la faux, la leva bien haut et la lame s'abattit sur le crâne de La mort qui avait levé en vain son bras squelettique.
Après quoi, le cadavre s'effondra en un tas d'ossements.
Le docteur jeta à terre la faux et pensa à voix haute.
"Je ne pouvais pas vous guérir, vous étiez déjà morte"
Satisfait, il rangea négligemment les derniers vestiges de la mort dans son placard. A la fin de sa journée de travail, il les brûla dans son jardin comme un vulgaire feux de joie. Pourtant quelque chose le tourmentait depuis son fait. Si La mort était bien morte pourquoi avait-elle pu se faire assassiner ?

Candide Jr. (Wilhelm) ©

vendredi 10 mai 2013

Moi, Idda Revenge, fille de star.

Voici un texte abordant la vie d'une enfant de star d'une manière qui peut-être ne reflète pas le moins du monde la réalité, cependant le but n'est pas de faire une peinture de la société mais de créer une histoire, qu'elle ressemble ou non à la vie des célébrités. 

Je m'appelle Idda. Idda Revenge. Ça se prononce à l'anglaise : « Reevennje ». A la française ça ressemble trop à « Revanche ». Remarquez, à l'anglaise ça veut dire revanche. Mes parents auraient pu choisir l'autre nom de famille, celui de ma mère ; ça n'aurait rien changé. Revenge ou Senseil c'est pareil.
Je suis fille de star.
J'ai toutes les photos de mes premiers jours dans les journaux, de mon enfance, de mes caprices, de tout. Les journalistes ne pensent qu'à faire leur article, ils ne songent pas un instant que ça pourrait détruire une vie. Ils ne songent pas un instant que peut-être, un enfant de star aimerait qu'on ne raconte pas sa vie, ses premiers pas, qu'on ne montre pas ces bébés tous nus à tout le monde... Il ne se demandent pas si ces enfants-là ne voudraient pas avoir une vie normale, comme eux. Nous sommes considérés comme des "choses" liées à d'autres "choses" connues. Je sais qu'il y a des enfants de célébrités dont on n'entend jamais parler, parce leurs parents les protègent, mais la cigogne a dû se tromper de famille à la livraison parce que les miens ont fait tout le contraire, ils m'ont bien exposée. 
Ma mère, c'est Marina Senseil, célèbre actrice de films plutôt chauds. C'est merveilleux d'être sa fille, je vous dis pas... Ma mère m'empêche de regarder ses films. Elle a raison. C'est trop choquant. Mais quand elle n'est pas là, que j'allume la télé et qu'en zappant je tombe sur un film où elle a joué, je change vite de chaîne avant d'en avoir trop vu. Parce que si je regarde et que j'ai le malheur de tomber sur la scène qu'il ne fallait pas voir, que j'observe ma mère « faire des choses » avec un homme que je ne connais pas et elle si peu, qu'elle n'aime pas, je suis traumatisée à vie. C'est insupportable. Ils sont trop proches, beaucoup trop. Alors j'éteins la télévision et je vais lire dans mon lit pendant deux bonnes heures. Maintenant je vérifie dans le programme avant de regarder, c'est plus prudent. Mais je sais que si je n'était pas tombée sur son film par hasard un jour, j'aurais eu la curiosité mal placée de regarder quand est-ce qu'il passerait, juste pour voir comment elle était dedans, parce que c'est quand-même tentant de savoir à quoi ressemble ce que ma mère passe ses journées à faire. C'est dans ces cas-là qu'on se dit que la curiosité est vraiment un défaut, et qu'on culpabilise à mort de d'avoir laissé ce défaut s'emparer de soi ne serait-ce qu'un instant.
Mon père, c'est Frédéric Revenge. Acteur, réalisateur, dans tous les styles de films. Lui, il est surtout connu pour être le mari de ma mère, en fait. Il n'a pas fait de film à grand succès, mais lui au moins il se montre pas à poil avec n'importe qui. Je préfère mon papa. Même s'il ne s'occupe pas trop de moi non plus, il aurait plus de temps que maman à m'accorder. Ma mère est débordée de travail, c'est une des meilleures actrices de films "chauds" du pays et puis elle est très belle et très sympathique avec ses collègues, donc elle est très demandée, très occupée. Mon père lui il prend plus de temps pour moi, enfin, il travaille un peu moins parce qu'il a conscience que c'est pas facile d'être l'enfant d'une star, il veut pas me laisser tomber. Mais qu'est-ce que je raconte là ? J'en sais rien, ce qu'il pense... Je sais même pas ce que c'est un père et une mère "normaux", je sais pas si il s'occupe vraiment de moi, je sais pas si c'est juste qu'il a pas de boulot. J'en sais rien. Mais je m'en fous, c'est comme ça, je vais pas chercher à savoir parce que, de toutes manières, je suis obligée de faire avec...

Bref, ce soir, comme tous les soirs, on va manger dans un grand restaurant avec plein de gens que je ne connais pas. Des gens importants dont je n'ai rien à faire, et qui n'ont rien à faire de moi non plus. Mais ça le fait pas pour une fille de star de rester avec une nounou à la maison, surtout quand on a quinze ans. Mais une fille de star toute seule chez elle ça se voit pas non plus... Bref, on va manger au restaurant, je vais m'emmerder, mais je vais sourire, faire comme si tout était parfait, comme d'habitude. J'ai pas le choix de toute façon, avec les paparazzis et les photographes qui rôdent toujours autour de nous partout où l'on va. Je préfère faire semblant d'être heureuse que de voir ma tête lugubre sur le journal avec une déduction débile qui ruinerai un peu la réputation de la famille. Et puis ça me retomberais dessus, pour couronner le tout. Les journalistes ne font pas spécialement attention à moi maintenant, mais ils savent repérer un "scoop". Tout ce qu'ils veulent c'est avoir de l'audience et donc du fric. C'est tout. 

Et moi je veux juste qu'on me laisse tranquille. Je veux juste ne jamais être née dans cette famille. Mes parents auraient au moins pu me donner un plus joli prénom. 
J'aime pas mon nom, j'aime pas mes parents, j'aime pas les paparazzis, j'aime pas les grandes villas vides qui coûtent une fortune, j'aime pas être photographiée quand je suis en maillot de bain, j'aime pas être obligée de faire semblant tout le temps que tout va bien !

Bon, c'est vrai, on n'est pas non plus surveillés vingt-quatre heures sur vingt-quatre, mais quand-même ! Je suis jamais vraiment tranquille, quand je vois ma mère je pense à ce qu'elle fait devant les caméras, quand je vois mon père je pense que c'est mieux qu'il soit pas une super-star parce que déjà que c'est pas cool d'avoir une mère ultra connue mais alors je voudrais vraiment pas avoir en plus un père dans la même catégorie... Quand j'y réfléchis j'ai quand-même un peu de chance, finalement. Quand j'y réfléchis je me rends compte que ça aurait pu être pire. Mais quand j'y réfléchis j'en veux quand-même à mes parents de toujours laisser les paparazzis faire toutes les photos qui leur plaisent sans me demander mon avis à moi. Ça, ça m'énerve. On me demande jamais mon avis, mais je peux pas me permettre de faire un caprice devant les journalistes. Mes parents ils s'en fichent de moi. Tant que les journaux ne disent pas qu'ils s'occupent pas de moi, tout va bien. Gaëlle est là, elle, pour que mes désirs soient satisfaits. Gaëlle est toujours là quand j'ai besoin. Elle, je la respecte. J'irai pas jusqu'à me confier à elle, mais je la respecte, je lui parle gentiment, je l'aime bien. Parce qu'elle aussi, elle me respecte, et pas à cause de mon statut de "chose" liée à d'autres "choses" connues. Elle je crois qu'elle m'aime bien aussi, et qu'elle compatit un petit peu. 

Quand on est enfant de star, on peut pas aller à l'école comme tout le monde. On peut pas faire les mêmes erreurs que tout le monde. On peut pas traîner comme on veut en ville comme tout le monde. On se doit d'être un exemple ! Oui, un exemple, parce que sinon les journaux sauront quoi dire ! Toujours être comme il faut, résister à l'envie de répondre aux diverses provocations qu'on peut avoir. Le côté pratique c'est que quand on est enfant de star, on vie généralement dans la capitale, ou dans une grande ville, et donc qu'il y a d'autres enfants de star. Mais attention ! Tu peux faire ami-ami qu'avec les enfants de gens avec qui les parents n'ont pas de différent, parce que sinon c'est mal vu, ouh la la ! (D'accord j'exagère un tout petit peu quand même)
Moi j'ai envie de me lâcher un peu ! J'ai envie de voir comment c'est de vivre normalement ! J'ai envie de pouvoir faire tout ce qui me vient à l'esprit sans crever de trouille en pensant combien je m'en mordrais les doigts en lisant les journaux le lendemain... Bah oui dans mon pays les enfants de stars sont aussi importants à surveiller que leurs parents, ça n'arrange pas les choses... Au pire je me dis que j'ai qu'à assumer, mais j'en suis totalement incapable. Un jour peut-être que ça me prendra. Un jour. Peut-être. L'autre chose qui me retient de faire n'importe quoi, c'est la mauvaise conscience. On dirait qu'elle m'aspire comme le vent quand tu marches à contre-sens et qu'il te dit " eh là ! c'est pas par là !" et que tu résistes tant bien que mal, mais que tu te fais finalement emporter malgré tous tes efforts. La culpabilité, c'est le pire des vents pour ça. C'est pas parce que j'en veux à mes parents que ça m'arrange de leur apporter des problèmes (en plus c'est moi qui récolterais tout à la fin...).
Alors qu'est-ce que je fais maintenant ? Je me roule en boule sous ma couette et je me satisfais de mon sort en attendant d'être majeure et qu'on ne s'intéresse plus à moi, vu que j'ai pas l'intention d'être célèbre. Je lis toute la journée pour me remplir la tête d'autre chose. J'attends que le temps passe. 
Je sais ce que vous pensez, vous vous dites « il faudrait qu'elle en parle avec ses parents, une bonne fois pour toutes ». Remâcher les mauvaises pensées ne sert à rien ? Vrai. Parler un peu avec ses parents n'est pas si compliqué ? Faux. Parler avec mes parents est très, très compliqué. Primo, ma mère est toujours en voyage dans je-ne-sais-quel-pays pour ses tournages et mon père, même s'il est moins prit, il a toujours quelque chose d'important à faire quelque part. Secundo, quand ils reviennent à la maison, le téléphone sonne toutes les dix minutes, et ils ont des rendez-vous à droite à gauche ou des invitations pour le diner. Tercio, même si j'essayais de leur adresser la parole, d'abord ils ne m'écouteraient pas vraiment mais en plus je ne saurais même pas comment aborder la question, je n'oserais jamais leur dire. Bref, personnellement, je ne suis pas très emballée, ne vous déplaise. Il faudrait peut-être que je fasse une grosse connerie ou que je m'enfuie pour que mes parents commencent à réagir. Un jour peut-être que ça me prendra. Un jour. Peut-être.



Mélody © 

jeudi 9 mai 2013

L'histoire du début du monde

1.
Il était une fois quelque part dans le ciel, un père et un fils :
-Jésus, vas immédiatement te laver les mains ! Tes manies m'insupportent ! C'est vrai, pourquoi Diable mets-tu les doigts dans le nez à longueur de journée ?
-Je m'ennuie, père.
-Tu manques de raisonnement, fils. Non ! Arrêtes, tu met de l'eau partout ! Mais pourquoi Diable fais-tu autant de bêtises ?
-Je m'ennuie, père.
-Et bien soit, nettoie maintenant. Non ! Non ! Arrêtes, ne salis pas ma cravate toute neuve pour nettoyer ! Mais pourquoi Diable a-tu fais cela ?
-Je m'ennuie, père.
-Et bien soit, lave ma cravate maintenant. Non ! Non ! Et non ! Arrêtes, tu lave avec du produit-vaisselle ! Mais...Mais pourquoi Diable a-tu fais cela ?
-Je m'ennuie, père.
-Et bien soit, refais moi une cravate tout neuve. Non ! Non ! Non ! Et encore non ! Arrêtes, tu fais une chaussette !  Mais pourquoi Diable a-tu fais cela ?
-Je m'ennuie, père.
Et bien soit, fait donc la pair maintenant. Non ! Non ! Non ! Non ! Et toujours non ! Arrêtes, tu fais une écharpe ! Ah, vraiment, pourquoi ? Pourquoi Diable a-tu fais cela ?
-Je m'ennuie, père.
-Mais non de Dieu ! Que pourrais-tu faire pour trahir ton oisiveté ?
-Je pourrais faire un monde.
-Un monde ? Et bien soit, crée ton monde maintenant.

2.
-Eh bien Jésus, pourquoi Diable es-tu né dans une étable ?
-Car mon monde commence ainsi.
-Je vois. Et pourquoi Diable es-tu adoré par ton monde ?
-Pour qu'il y ait une religion, père.
-Je vois. Et pourquoi Diable il y a des religions dans ton monde ?
-Pour qu'il y ait des guerres, père.
-Je vois. Et pourquoi Diable il y a des guerres dans ton monde ?
-Pour qu'il y ait du mal, père.
-Je vois. Et pourquoi il y a du mal dans ton monde ?
-Pour que le Diable soit de ce monde, père.
-Ah ! Et pourquoi Diable, le Diable incarne-t-il le mal dans ton monde ?
-Pour qu'il y ait du bien, père.
-Je vois. Et pourquoi Diable il y a du bien dans ton monde ?
-Pour que l'amour soit de ce monde, père.
-Je vois. Et pourquoi Diable il y a de l'amour dans ton monde ?
-Pour qu'il y ait de l'espoir, père.
-Je vois. Et pourquoi Diable il y a de l'espoir dans ton monde ?
-Pour que chacun de ce monde croit en ses actions.
-Je vois. Et pourquoi Diable chacun doit croire en ses actions dans ton monde ?
-Parce que dans mon monde, nul ne sait qu'ils sont tous condamnés irrémédiablement à la mort.
-Je vois. Mais pourquoi Diable cette idée ridicule de mettre la mort dans ton monde ?
-Car mon monde se termine ainsi, père.

3.
-Diable ! Diable ! Diable ! Pourquoi fais-tu un monde si compliqué alors que celui dans lequel nous vivons est bien meilleur ?
-Car sinon c'est ennuyeux, père.
-Je vois. Et bien tu manques de raisonnement, fils.

         Candide Jr (Wilhelm)©                                

mercredi 20 mars 2013

Ecrivons ensemble

Encre de chine couchée sur un désert de papier
     Ecriture penchée comme celle d'un jeune écolier
C'est la découverte d'un monde de textes envoûtants
     Nourris des feux personnels de souvenirs déroutants
Rares perles d'une vie qui racontent l'histoire
     Semaines passantes au gré des lettres dérisoires
Issues de ces journées tout juste supportables
     Ecrivons ensemble dans les pas de l'agréable
Voltaire, maître des contes extraordinaires
     Musique ô doux son des mots de l'imaginaire
Oublions le temps pour un tendre instant de lecture
     Buvons ces descriptions de sublimes créatures
Naquissent ainsi les frontières d'un monde irréel
     Les limites des limites de l'immatériel
Silencieusement la magie des plumes opère
     En une écriture comme un rêve prospère


Candide.Jr (Wilhelm) ©

jeudi 14 mars 2013

Hommage à un cochon 2 - le retour !

Cochon, toi qui fut bafoué sur Terre,
Toi qui vole au-dessus de nos têtes vides
Qu'attends-tu pour te venger de nos actes d'hier ?
Pour réaliser ce que tu as subi, nous sommes trop stupides !

Arme-toi de tes sabots,
Couverts de boue s'il le faut,
Tire en tout sens, comme tu voudras,
Fait ce qu'il faut pour que nos yeux voient

Avec le cercle de lumière qui flotte sur ton ombre
Tu as retraversé le voile, tu viens de l'autre monde
Maintenant que tu as perdu toute consistance, tu sombres
Peu à peu dans la démence, et tu agites ta fronde

Peu importe le temps, peu importe les mots
Puissent tes tueurs d'antan tout comprendre aussitôt
Puissent-ils sentir la même douleur dans leur âme,
Que celle qui te retient mais qui te donne ta flamme

Avec la force d'un taureau qui charge,
Ta pierre traverse tous les paysages,
Cherchant sur chaque humain l'indice de visages
Dont tu te souviens bien, dont la haine te démange

La folle souffrance que tu lis dans leurs yeux,
N'est qu'un miroir de celle qui te fit trépasser
La pierre, garnie de ta colère, est une arme de feu
Percutant leur cœur avec l'élan de ta rage décuplée 

Faisant jaillir en eux les sentiments si forts
Qu'ils t'ont fait endurer, sans le moindre remord

Percutant leur âme au plus profond, dépassant les ténèbres
Pour atteindre en eux la fine fleur qu'ils tentaient de cacher
Afin de mieux accomplir leurs pensées barbares, leurs actes funèbres
Sans se sentir gêné par cette fleur qu'ils auraient dû cultiver.

Secouer la fleur leur donne le tournis
Tu as touché si loin - la racine de leur vie !
Le coffre-fort nommé "émotions" a volé en éclats
Et ils perdent le contrôle face à une vague comme celle-là

Leurs sentiments pleuvent et les prennent en tous sens
Les larmes, les rires, tout jailli, tout s'élance
Leur corps semble exploser, tiraillé, écartelé
Leur voix s'étrangle dans leur gorge, ils ne savent pas crier
Ils ne savent pas pleurer non plus, ni gémir, ni regretter.
Le coffre-fort "oubli" avait tout enfermé.

Voilà un long silence après leur agonie,
La tempête est calmée, seul le vent gémit
Ils n'osent plus bouger, jouissant de l'accalmie
Ils n'osent plus cracher, leur venin s'est enfui

Dans les bras de Morphée ils font un long voyage
Récupérant lentement de cet apprentissage
Laissant leur esprit libre de se reconstruire
Sur des bases plus saines sans haine ni douleur
Sans coffre-forts solide où se cachent les fleurs
Dans une douce paix qui leur permit de grandir.

Et toi, tu es là, cochon
Dans ta robe spectrale au fumet de jambon
Tu es là, et tu regardes, avec un léger sourire
Digne de cette même paix que tu leur fit connaître
Digne de rejoindre l'autre monde où tu va disparaître
Fier d'avoir accomplit la tâche qui te fit revenir


Mélody ©

lundi 11 mars 2013

Le dragon et la petite fille

   Kÿ ouvre ses paupières. A son réveil, il est surpris par une petite fille. Il la regarde. Elle soutient son regard, dans le blanc des yeux. D'habitude le grand dragon est symbole du mal et les rumeurs du village plus loin, en contrebas de son nid, le disent même l'incarnation du diable. Pourtant l'enfant aussi jeune soit-elle ne semble pas avoir peur. Kÿ, intrigué se relève pour faire valoir sa haute prestance et pense que cela suffira pour la voir détaler en criant. Que nenni.
-Qui es-tu, jeune fille ? demande t-il étonné.
-Je m'appelle Ënaelle, répond t-elle d'une voix fluette.
Sans avoir plus de précision le dragon poursuit.
-Tu n'as pas peur, Ënaelle ?
-Si.
Une pointe d'orgueil apparaît sur son visage recouvert d'écailles vertes émeraudes mais déconcerté il se rabaisse.
-Et bien... que fais-tu ici ?
-Je suis venue te voir.
A ces mots, Kÿ se demande s'il ne vaut mieux pas la faire passer sous ses flammes ardentes mais il se ravise. Il est trop rare qu'un humain pénètre dans sa tanière, c'est même la première fois.
-Pour quoi faire ?
-J'ai entendu du mal de toi, beaucoup de mal et je suis lasse des guerres... raconte-moi tes exploits !
-Pardon ? Non, je ne raconte pas d'histoire pour endormir les enfants humains ! Et puis comment es-tu arrivé ici ?
Elle le dévisage.
-Je ne veux pas une histoire, je veux que tu me racontes une de tes aventures !
Un long silence s'installe soudainement et le dragon ne se souvient pas qu'un humain pouvait être aussi têtu, peut-être est-ce l'âge ? se demande t-il.
-Je sais que tu ne me mangeras pas, dit-elle en faisant briller ses pupilles mystérieusement comme pour l'amadouer. Je viens de trop loin pour revenir sur mes pas et je sais que tu es bon conteur...
Kÿ réfléchit en arquant ses sourcils.
-Ah ça oui ! dit-il, le meilleur du pays, mais dis-moi, comment le sais-tu ?
-Je le sais, c'est tout !
Il soupir et commence à peser le pour et le contre de la situation :
-D'une part je ne te connais pas, et j'ignore la manière dont tu es parvenue jusqu'ici mais saches qu'en ce lieu les distractions sont rares et je m’ennuie à mourir sans avoir personne à qui parler.
Un silence retombe à nouveau et la petite fille commence à esquisser un début de sourire.
-Je veux bien te raconter une de mes aventures, à conditions que tu m'en dise plus sur toi lorsque j'aurai finis.
-Promit ! s'enquit-elle.
-Bien, alors je te propose de te raconter ma toute première aventure, la genèse de toutes les autres. Ah oui ! En fait moi je me nomme Kÿ.
Elle s'empresse de s'asseoir contre le flanc du dragon et celui-ci l'entoure de sa grande queue en pointe avec toute la douceur possible avant de commencer.
-"C'était il y a mille ans maintenant, je m'en souviens comme si c'était hier. La grande et majestueuse tour noire d'Osgat s’était effondré dans un vacarme assourdissant. Le souffle monstrueux provoqué par les chutes des blocs de bétons avait soulevé un immense et opaque nuage poussiéreux. La terre tremblait avec une telle intensité que le sol s'était craquelé par endroit laissant entrevoir une crevasse dont le fond invisible ne faisait que croître. Ce spectacle apocalyptique visible à des lieues à la ronde avait plongé Delerith, le pays des poètes, dans une pénombre angoissante. Et de ce chaos avait alors surgit une ombre titanesque... "Les ténèbres étaient revenues" disait-on. Une flamme jaillit du néant accompagnée d'un puissant rugissement aiguë comme pour célébrer l'instant maléfique. Le dragon robuste et gigantesque avait déployé ses ailes avec l'élégance commune à ces légendes volantes. Un autre jet de feu déchira l'atmosphère et la créature prit son envol pour disparaître on ne sait où.
  Les paysans et les quelques poètes qui étaient venus se réfugier dans la forêt pour une meilleure inspiration des mots furent témoins de la scène. Terrifiés ces gens avaient donc décidé de le nommer " Géant des enfers " ce qui donnait dans leur langage maternel :" Sÿ Valavin". Ne l'ayant jamais vu, ceux-ci connaissaient à présent l'imposante présence de la bête et les dégâts qu'elle pouvait engendrer. Certains avaient répandu la rumeur d'un nid de dragon dans les montages Tandoriennes mais tous avaient craint que celui-ci ne revienne pour tout dévaster comme dans l'ancien temps. Alors Rodac, le roi du pays, soucieux de la bonne portance de son peuple, déclara la somme d'un millions d'écus d'or pour quiconque ramène le cadavre du dragon devant les portes du palais royal. Pour n'importe quel dragon d'ailleurs, car à ce moment là, tout le monde savait qu'il n'y en avait pas qu'un. A cause de cela ma vie s'est retrouvée en danger avant même que je ne vienne au monde. Je n'étais qu'un vulgaire œuf verdâtre à l'époque et étant le cadet d'une portée de cinq autres, ma mère ne pouvait pas nous transporter aisément. Sans plus se soucier des longues battues que l'on menait contre sa race elle espérait vivre sa vie dans les montagnes normalement et habituellement aux deux autres portées antérieures à celle-ci.
  Mais un jour son repère fut découvert par six braconniers.Elle réussit à en tuer quatre après un long combat (puisque une femelle dragon en phase d'allaitement ne peut plus produire de flammes) et les deux autres gravement blessés réussirent à se sauver. Inquiète, elle décida de nous cacher dans un buisson à proximité d'un bois dans la nuit qui suivit. Et je remercie encore l'initiative de ma mère, car sans cela je suis certain que je ne serais pas là pour te raconter cette aventure, petite fille. Je ne l'ai plus jamais revue depuis."
-Comment peux-tu dire que tu la voyais alors que tu n'avais pas encore éclos ? coupe Ënaelle.
-Car même si j'étais encore enfermé dans ma coquille, je sentais se présence, je ressentais ses peurs et ses craintes et savais-tu que l'éclosion d'un œuf peut même être retardée si la mère sent un danger ? Puisque c'est précisément la mère qui déclenche l'éclosion en lapant la surface des coquilles.
» Puis les jours et les nuits passèrent dans le froid qui nous enveloppait chacun notre tour, sans avoir la moindre chance d'éclore nous étions tous condamné. Mais au levé du troisième soleil, une main nous saisit et nous fourras dans ce que je ressentais être une poche d'une besace. Cet endroit aussi inconfortable soit-il était quand même bien plus chaud. Durant un temps infinis nous fumes chahutés en tout sens sans en comprendre la raison. Et malgré que je sois toujours en vie ou plutôt en voie de naître à ce moment là, je me pensais perdu dans les mains d'un braconnier sans prétention. A ma grande surprise se sont ces mains qui m'ont fait éclore."
-Mais tu as dis que seul ta  mère le pouvait ? interrompt Ënaelle en fronçant ses fins sourcils noirs
-Oui mais ce n'était pas un braconnier, lorsque j'ai découvert ce monde extérieur, c'était dans la demeure du mage Clétos. Une petite maison caché dans la forêt de Forennden au pied des montagnes Tandoriennes. Malheureusement sur mes cinq fraternels je fus l'unique à sortir de ma coquille, ils étaient, d'après Clétos, morts gelés. Le mage vivait seul et durant cinq autres jours il me fit une éducation en sorcellerie "qui pourrait me sauver si l'occasion se profilait" disait-il. Clétos était un être sage et connaissait tout le savoir de ce monde. Sans égoïsme, il était simple et voulait toujours aller au bout de ses objectifs avec ses rares cheveux blancs flottants.
-Mais pourquoi t'as t-il pris avec lui ?
-Oh cela je l'ignore totalement car il n'a jamais voulu vraiment me l'avouer mais je suis sûr qu'il y a une bonne raison à cela.
 "Des semaines passèrent et les humains semblaient perdre peu à peu le contrôle de la région et bientôt, du pays. Les dragons se multipliaient vite, trop vite et leur férocité dévastaient tous les malheureux villages aux alentours. Même ma vie étais en danger, ma race assoiffé de pouvoirs et avides d'or et de terres, n'aurait pas hésité à sacrifier un des sien pour un écu de bronze. J'étais en danger. Clétos aussi. C'est pourquoi il décida de nous conduire hors de Delerith, de l'autre côté de la frontière réputé pour son calme et sa tranquillité, Sidggard le pays des chevaux.
Pendant notre voyage nous devions parcourir deux cents lieues et ce n'était pas une mince affaire. Bien sûr je ne savais pas voler, je devais marcher. Donc, nous partîmes un soir de pleine lune, notre premier objectif étant de passer par le col des montagnes Tandoriennes. Nous venions de sortir de la forêt et nous apprêtions à commencer l'ascension du col lorsque nous fîmes une rencontre surprenante. C'était un nain des neiges. Petit et trapu il fit pivoter sa hache de son dos pour la dresser contre nous.
-Qui va là ? demanda t-il avec un fort accent typique des hommes du Nord. 
-Je suis Clétos.
Le nain écarquilla ses yeux.
-Le mage des mages, souffla t-il.
-En personne.
-Veuillez m'excuser d'avoir pu douter de vous mon seigneur.
Il baissa son arme et m’aperçus.
-Que faîtes-vous avec un dragon ?
-Je suis en route pour une affaire importante, si vous pouviez éviter de me mettre en retard noble nain.
Mais celui-ci n'avait nulle envie de nous laisser repartir, bien au contraire, il s'avança vers moi d'un air menaçant en me pointant de la pointe de sa hache.
-Les dragons sont interdits sur ces terres, l'ignorez-vous ?
-Me dire que j'ignore certaines choses rabaisse votre estime, répondit Clétos en repoussant la lame de la hache d'un revers de main.
Le petit homme prit peur.
-Je suis désolé mon seigneur, j'ai reçu des ordres.
-Que diriez-vous de nous escorter de l'autre côté des montagnes ?
Il ne bougea pas et ne dit rien.
-Il vaudrait mieux que vous acceptiez ma proposition car vous savez ce que je peux faire lorsque je suis contrarié, n'est-ce pas... Blénor ?
-Vos pouvoirs de télépathie ne m'impressionnent pas !
-Ah oui ? Je peux pourtant accomplir des sorts plus terribles ...
-Très bien, très bien... De l'autre côté, pas plus loin ...
-Ni plus, ni moins, conclut Clétos, souriant.
    La petite fille baille en s'étirant lentement. Kÿ voit le Soleil rouge disparaître à l'horizon.
-Il se fait tard, tu devrais rentrer chez toi.
-Je ne peux pas, je n'ai plus de chez moi, dit-elle en baissant la tête, mon village a été pillé.
Le dragon se redressa et jeta un coup d’œil à l’extérieur.
-Mais ton village est intact.
-Je ne viens pas de celui-ci, corrige t-elle en masquant ses larmes avec ses cheveux d'encre. Je n'ai plus de parents, je n'ai plus de famille, je n'ai plus rien.
Le dragon ne sait plus quoi dire devant cette humaine désemparée en pleurs, assise en tailleur, la tête dans les mains.
-Pourquoi es-tu venue jusqu'ici ? demande t-il, pourquoi n'es-tu pas allée au village avoisinant ?
La fille tressaille et se retourne vers l'entrée. Un chat noir viens de la franchir. Le dragon sursaute et s'indigne de ne pas s'être aperçu de sa présence plus tôt.
-Ne vous inquiétez pas, rassure le chat d'une voix paisible. Je viens en ami.
-Quelle est la raison de votre venue... Chat ? interroge Ënaelle en se levant.
-Je suis envoyé par Clétos, pour amener mademoiselle à sa demeure.
La petite fille regarde Kÿ.
-Il t'attends...avertit le dragon, n'oublies pas qu'il sait tout.
-Quel âge a t-il ? demande t-elle effrayé.
-Le mage des mages n'a pas d'âge, il est immortel... répond le chat. Pourquoi cette question ?
-Je lui racontais mes aventures avant que vous n'arriviez, Chat, et ma rencontre avec Clétos.
-Mais nul humain ne peut vivre éternellement ! s'exclame la fillette.
-Clétos n'est pas un humain, petite fille, lui fit remarquer le chat. Allons dépêchons la nuit va bientôt tomber et nous avons tant de chemin à parcourir.
-Une semaine de marche vous sépare de sa demeure, intervient le dragon, je vous y emmène, montez sur mon dos.
A peine ses mots prononcés que la queue de Kÿ entoure Ënaelle et la dépose sur son dos écailleux. Le chat quant à lui, grimpe sur un rocher et bondit pour venir se blottir juste à côté d'elle. Puis le dragon sort de sa tanière et déploie ses immenses ailes. La petite fille se rend compte alors de la taille de l'imposante créature qu'elle chevauche. Et tandis que les derniers rayons du Soleil les enveloppes, ils s'envolent  pour aller rejoindre les nuages.

             
                                                                                                                                Candide.Jr (Wilhelm)©

samedi 19 janvier 2013

Coquebilis

Il était une fois un volubilis d'un bleu joyeux se fondant dans le ciel.
Il poussait en colimaçon sur une de ces branches où les oiseaux nettoient leurs ailes.
La fleur, délicate et lisse, aussi fine que le rideau des paupières,
S'ouvrait au soleil un matin pour mourir à son coucher, et se dressait, fière, 
défiant le vent à sa manière.

Il était une fois un coquelicot fragile et beau, mais le volubilis lui tournait le dos.
Pas par bouderie ou déni, mais parce qu'il avait grandi ainsi.
Le coquelicot se sentait bien seul et observait les moineaux, attentif au bruit de l'eau
Mais il ne pouvait pas crier pour que le volubilis qui là-haut vivait sa vie regarde vers lui !

Soudain, alors que la petite fleur rouge regardait dans le lointain,
Une bourrasque vint et força le volubilis à se tourner vers son voisin.
Quelle ne fut pas sa stupéfaction en découvrant un tel vermillon !
Quelle ne fut pas sa joie de voir qu'un compagnon avait les mêmes pétales froissés, brouillons !

Dès lors ils discutèrent d'amour et de mystères, puis leurs pétales chiffonnés s'envolèrent
Pour voyager avec le vent, leur ennemi d'hier, et prendre du bon temps en oubliant l'hiver...

 
 Mélody ©
 

Mélody ©
 

dimanche 6 janvier 2013

Samedi

Lassés de ces blessures,
Ils se sont surpris à ne plus s'aimer
Silencieusement mais si sûrs
Chacun souhaitant s'oublier

Ça s'est passé un samedi,
Sur l'instant ils se sont dit,
Sacrifiant cette histoire,
Salie de désespoirs

Le vent soufflait ce jour-ci
Sur ces cœurs saignants
Cet amour sanglant ainsi,
Se sauva, laissant
Place au passé enseveli

Ils ne se sont plus jamais embrassés
Sans se soucier du passé,
Ils s'ignorent à présent et sans cesse,
Sans plus avoir de caresses


Candide Jr. © ( avec la précieuse participation de Mélody )