Citation

"Faites des rêves immenses pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant."

William Faulkner

dimanche 24 juillet 2011

Les Gardiennes de Tejelba


Une ombre se découpa dans l'encadrement de la porte. Je vis apparaître une femme sublime aux cheveux d'un roux foncé, dotés de belles grosses boucles brillantes à la lumière. La somptueuse chevelure mi-longue formait une cascade chatoyante dans son dos.
Quand son visage se détacha de l'obscurité, j'aperçus ses grands et magnifiques yeux bleus, semblables à un océan où le soleil ne cesse de jouer de ses rayons, et qui donne toutes ces étoiles au regard. La peau rose pâle de cette charmante inconnue semblait composée de porcelaine, je n'aurais pas osé la toucher, trop apeuré à l'idée qu'elle se brise. On aurait dit une poupée toute neuve, avec ses pommettes roses et son fin visage au teint de plâtre.
Elle avait un joli petit nez et des lèvres écarlates pulpeuses qui faisaient penser à une cerise bien mûre, tendues à craquer, tout comme sa peau d'ailleurs. Pour sûr, elle devait plaire, et à plus d'un. Elle en faisait certainement, des jalouses, cette beauté... pure.
Mes yeux poursuivirent leur « inspection curieuse » pour rencontrer quelque chose d'un peu spécial : la fabuleuse jeune femme portait une tenue extrêmement moulante, entièrement rouge, qui lui donnait un air certes sévère, mais encore plus attirant. Ce vêtement révélait sa fonction, car il était spécifique à ce service, et unique. C'était la marque des protecteurs de la princesse, ou plutôt des protectrices, puisque les femmes étaient les seules à accéder à cette « profession risquée ».
Bien droite, ses formes désirables parfaitement dessinées, la nouvelle garde du corps paraissait très jeune : elle devait avoir environ vingt ans, à mon avis.
Ses splendides yeux évoquant le cristal m'examinèrent, puis son sourcil gauche forma un arc au-dessus de son œil. Je commençais à saisir que pendant que je la contemplais, les secondes voire les minutes s'écoulaient, et elle s'impatientait. Logique, si chaque personne qu'elle croisait la regardait éternellement comme je venais de le faire, cela devait l'irriter, à la longue.
Elle se redressa encore un peu et soupira avant de m'adresser la parole.
  • Je me nomme Kathleen, dit-elle avec une voix douce, celle qui nous berce et nous entraîne dans les rêves les plus beaux, le soir.
    J'étais littéralement fasciné.
  • Je... Je... Je m'appelle Galadriel, bredouillais-je bêtement.
  • Que fais-tu ici, demanda-t-elle, sur ses gardes.
  • Mademoiselle Estelle m'a envoyé chercher sa nouvelle protectrice. J'imagine que c'est vous.
  • Oui, c'est moi.
  • Suivez-moi, je vous conduirai jusqu'à elle.
Kathleen se détendit, mais elle restait prête à frapper à tout moment, attentive à chaque mouvement suspect. Ce genre de garde-du-corps sans peur était très efficace, et les membres de ce groupe n'avaient aucune pitié envers ceux qui menaçaient la princesse, leur protégée.
Kathleen était très vigilante, et sans doute la meilleure des Phélinn, service spécial d'Estelle. On les reconnaissait très facilement, même de loin, grâce à leur fameuse tenue rouge si moulante.
Sur cet habit, pas de décolleté, mais un col qui montait presque à la moitié de son cou. Deux bandes pourpres parallèles traversaient tout l'uniforme, des seins jusqu'aux chevilles. Une simple fantaisie esthétique.
Impossible de voir la différence, ou plutôt l'arrêt, entre le haut et le bas; on aurait dit une seconde peau, que l'on ne peut pas enlever.
Personne ne savait de quelle matière était fait cet étrange uniforme luisant, mais chacune rêvait en secret d'avoir le même, afin d'être aussi séduisante que le phénomène de la nature que je guidais, tout joyeux, vers la princesse Estelle.
Toutes les Phélinn tutoyaient les autres, exceptée la personne qu'elles défendaient au péril de leur vie. En général, toutes ces femmes étaient orphelines, et on les élevait et les entraînait dès qu'elles rentraient dans l'école des protectrices, quelque soit leur âge. Ainsi, puisqu'elles risquaient toutes leur existence pour sauver celle de Mademoiselle Estelle, elles n'avaient pas de soucis au sujet de la famille, en cas d'accident.
Et moi, pauvre serviteur de la princesse, j'étais bien satisfait de mon sort, parce que je faisais parti d'un groupe réduit qui pouvait à la fois voir les Phélinn et être auprès de Mademoiselle Estelle ! Ces femmes étaient vraiment magnifiques, et surtout hors du commun. Quelle chance de pouvoir les observer à longueur de journée !
Toutes les protectrices étaient agiles, souples et d'une intelligence remarquable, mais cette Kathleen avait quelque chose de différent. Car on pouvait voir le même reflet scintillant dans ses yeux que dans ceux de la princesse Estelle...

Melody ©

La beauté plaît aux yeux, la douceur charme l'âme.
Voltaire

Une femme qui est belle a toujours de l'esprit; elle a l'esprit d'être belle.
Théophile Gautier

2 commentaires:

Wilhelm a dit…

C'est un super texte qui à mon avis mérite bien une suite,(voire même un début !) il y a bien trop de choses différentes de notre monde réel décrites en si peu de lignes que ça mérite d'être développé :)
Et juste un autre détail : je trouve que ça fait bizarre de mettre une sorte de didascalie entre guillemets comme « inspection curieuse » ou bien « profession risquée » ... ça fait un peu tiroir, est-ce parce que tu ne savais pas quoi mettre ?

PS : C'est la première fois que je lis ce texte, je me demande bien pourquoi...

Kaëlestys a dit…

Je suis contente qu'il te plaise !
Je pensais effectivement à faire un roman à partir de ce texte :)
Tu as raison pour les guillemets, je suppose que comme c'était une rédaction je les avais mis en pensant que ça serait mieux du point de vue de la prof, mais c'est moche et inutile en fait.
Par contre, j'ai - légèrement - copié sur Terry Goodkind pour les Phélinns, qui correspondent en tous points aux Mords-Sith de L’Épée de Vérité :$ mais j'adore vraiment ces personnages ^^

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