Cochon, toi qui
fut bafoué sur Terre,
Toi qui vole
au-dessus de nos têtes vides
Qu'attends-tu
pour te venger de nos actes d'hier ?
Pour réaliser ce
que tu as subi, nous sommes trop stupides !
Arme-toi de tes
sabots,
Couverts de boue
s'il le faut,
Tire en tout
sens, comme tu voudras,
Fait ce qu'il
faut pour que nos yeux voient
Avec le cercle de
lumière qui flotte sur ton ombre
Tu as retraversé
le voile, tu viens de l'autre monde
Maintenant que tu
as perdu toute consistance, tu sombres
Peu à peu dans
la démence, et tu agites ta fronde
Peu importe le
temps, peu importe les mots
Puissent tes
tueurs d'antan tout comprendre aussitôt
Puissent-ils
sentir la même douleur dans leur âme,
Que celle qui te
retient mais qui te donne ta flamme
Avec la force
d'un taureau qui charge,
Ta pierre
traverse tous les paysages,
Cherchant sur
chaque humain l'indice de visages
Dont tu te
souviens bien, dont la haine te démange
La folle
souffrance que tu lis dans leurs yeux,
N'est qu'un
miroir de celle qui te fit trépasser
La pierre, garnie
de ta colère, est une arme de feu
Percutant leur
cœur avec l'élan de ta rage décuplée
Faisant jaillir
en eux les sentiments si forts
Qu'ils t'ont fait
endurer, sans le moindre remord
Percutant leur
âme au plus profond, dépassant les ténèbres
Pour atteindre en
eux la fine fleur qu'ils tentaient de cacher
Afin de mieux
accomplir leurs pensées barbares, leurs actes funèbres
Sans se sentir
gêné par cette fleur qu'ils auraient dû cultiver.
Secouer la fleur
leur donne le tournis
Tu as touché si
loin - la racine de leur vie !
Le coffre-fort
nommé "émotions" a volé en éclats
Et ils perdent le
contrôle face à une vague comme celle-là
Leurs sentiments
pleuvent et les prennent en tous sens
Les larmes, les
rires, tout jailli, tout s'élance
Leur corps semble
exploser, tiraillé, écartelé
Leur voix
s'étrangle dans leur gorge, ils ne savent pas crier
Ils ne savent pas
pleurer non plus, ni gémir, ni regretter.
Le coffre-fort
"oubli" avait tout enfermé.
Voilà un long
silence après leur agonie,
La tempête est
calmée, seul le vent gémit
Ils n'osent plus
bouger, jouissant de l'accalmie
Ils n'osent plus
cracher, leur venin s'est enfui
Dans les bras de
Morphée ils font un long voyage
Récupérant
lentement de cet apprentissage
Laissant leur
esprit libre de se reconstruire
Sur des bases
plus saines sans haine ni douleur
Sans coffre-forts
solide où se cachent les fleurs
Dans une douce
paix qui leur permit de grandir.
Et toi, tu es là,
cochon
Dans ta robe
spectrale au fumet de jambon
Tu es là, et tu
regardes, avec un léger sourire
Digne de cette
même paix que tu leur fit connaître
Digne de
rejoindre l'autre monde où tu va disparaître
Fier d'avoir
accomplit la tâche qui te fit revenir
Mélody
©
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