Citation

"Faites des rêves immenses pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant."

William Faulkner

lundi 31 octobre 2011

Deux enfants sous les nuages...

L'enfant est allongé dans les hautes herbes. Les yeux fermés, il laisse son esprit, ses pensées, « flotter » en lui, en imaginant qu'il vole, qu'il vole haut et qu'il est balloté par la brise... Il rêve. Il rêve encore parce qu'à son âge c'est toujours possible de rêver. Même quand on est malheureux comme lui, et qu'on a des cicatrices, à vie, à vif aussi.

Avec les habits, on ne voit pas, on ne voit rien. Rien que des yeux et des joues baignés de larmes.

Sous ses habits d'enfant se cachent des plaies, récentes ou pas, marques d'un père qui boit. Trop. Qui bat. Qui hurle, qui tape, qui est si fragile tout au fond de lui tout compte fait.

Le petit garçon a mal pour lui. Il a même mal de le voir souffrir... Les enfants sont peut-être ceux qui comprennent le mieux la vie, qui ne se posent pas tant de questions sans réponses, qui ne cherchent pas indéfiniment où est le problème...

Et puis, il ne veut pas le dénoncer pour ne pas lui faire de peine, et il a quand même peur... Mais, son père, il l'aime, c'est comme ça. Parce qu'avant de sombrer dans l'alcool, c'était un père merveilleux, comme souvent... Mais trop faible. Alors, comme tous ceux qui possèdent cette faiblesse, il a fini par craquer. Trop de non-dits. Trop de blessures au cœur et trop d'amour dont on ne sait pas quoi faire et dont personne ne semble vouloir. Dont on a peur. Mais le petit avait compris, peut-être il ne saurait pas expliquer, mais le cœur avait compris et il n'avait pas besoin de mots, lui.

Un trop plein d'amour. À qui le donner ? Qui en voudra ? Si la réponse est « personne » tout finit par devenir terrifiant, parce que l'amour est comprimé au fond de soit en s'aidant de l'alcool, pour oublier, pour s'évader... joie éphémère. Une journée entière de violence contre une bouteille de vin ou de bière amère. « Maman est partie » gémissait-il, avant de reprendre son verre, sa soif toujours inassouvie. « Oui, Maman est partie... ». Le petit regardait son père, des larmes plein les yeux de le voir si triste, si faible, et de ne pas savoir quoi faire pour l'aider, sans se faire taper. Maman était partie, mais Papa partait peu à peu aussi... À ce moment-là, il allait dans sa chambre, ouvrait grand la fenêtre et passait par-dessus pour se sauver dans les herbes hautes du champ d'en face. Là, il pensait, parfois il cherchait une solution, parfois il pleurait, parfois il rêvait...

Et l'autre, plus il fait de mal aux autres par son attitude, plus il s'en veut, et plus il boit. Donc, plus il tape... Cercle infini...

Mais son petit garçon, lui, ne veut pas le dénoncer, il ne veut pas l'abandonner. Il préfèrerait l'aider. Mais il a déjà compris qu'ils étaient seuls, son père et lui. Que les gens l'enfonceraient encore. Les hommes sont maladroits, à cinq ans il savait déjà ça. Pas capable de comprendre qui a besoin d'aide : l'enfant ou l'alcoolique ? L'enfant bien-sûr ! Mais non...

Les hommes, ils iront chercher papa, ils le mettront dans une pièce froide, vide, désespérante. Il s'ennuiera et il voudra mourir. C'est tout. Ou alors il s'en voudra, quand il se rendra compte, il s'en voudra tellement qu'il voudra mourir aussi... Hors de question de laisser les hommes se charger de lui ! Les hommes se protègeront eux-mêmes, trouillards, lâches qu'ils sont. Les hommes ne chercheront pas à comprendre, non, les hommes voudront tout savoir à l'avance, se croire tout puissants pour blinder leur cœur face aux émotions. Ils seront sourds, les hommes, parce que c'est trop dur d'entendre le cri de détresse de celui qui fait peur. Non, jamais ils ne sauront, jamais ils ne viendront... Jamais !

Alors il va chercher son père, ce soir-là, le prend par la main tant qu'il est assez lucide pour comprendre que c'est pour son bien. Et il l'emmène dans les hautes herbes, pour rêver, pour s'accorder un répit, pour penser sans cogner, pour aimer son fils et pour sentir la douceur de la Terre, et puis le chatouillement discret de l'air qui tourbillonne dans le ciel et les feuilles...


Parce que oui, cet amour, son fils en voudrait bien, mais l'autre n'avait pas vu, il cherchait trop loin, s'il avait regardé au bout de son nez il aurait trouvé à qui la donner sa tendresse, sa chaleur de père aux grands bras et aux grandes mains...

Mélody ©

vendredi 28 octobre 2011

Le syndrome de la page blanche

J'ai peur de ne trouver aucune inspiration, que mon imagination s'envole au moment d'entreprendre une oeuvre, cela serait terrible si cette page restait blanche, cette idée me fait terriblement angoisser. Je tente de surpasser cette inquiétude alors j'écris mais le désir de tout effacer me dépasse.
Mon envie de faire un écrit parfait est tellement grande que quand une idée me vient je la trouve insignifiante, alors j’abandonne et il devient pour moi impossible d’écrire.
Vais-je enfin réussir à prendre confiance en moi, à croire en ce que j'écris ? J'aimerais juste parvenir à partager une histoire, une poésie ou juste une idée et pouvoir libérer mon esprit à travers l'écriture mais c'est tellement difficile de trouver les bons mots.

Cyrielle ©

Envolée féérique


Accroupie au creux d’une branche,
La petite fée regarde l’humain.
Des gouttes de rosée sur sa peau blanche,
Elle sent la sève pulser sous sa main.

Quand une branchette frémit et qu’une feuille lui chatouilla le visage, la petite fée gloussa de rire. Elle lutta pour se calmer : l’Homme ne devait pas la voir ! Ses parents étaient formels sur ce point. Personne ne devait apercevoir un membre de sa famille ! Parce que sinon, hou la la, ce serait la cata ! Et ils devraient de nouveau déménager. Et ça, non non non, elle ne le voulait pas ! C’était long et ennuyeux, de déménager.
Mais c’était trop tentant... Elle s’envola et s’approcha du randonneur inconscient d’être sa future cible. Jubilante, elle accéléra. Au summum de sa vitesse, sentant le vent frais lui fouetter le visage, elle écarta les bras et éclata de rire. Elle était maintenant tout près de l’homme. Sa petite main saisit son chapeau et le jeta à terre. Puis, essoufflée et radieuse, vaguement honteuse aussi d’avoir désobéi, elle se cacha dans un buisson et observa l’homme. Celui-ci, interloqué, ramassa son couvre-chef et le vissa sur sa tête.

Il n’osait pas se l’avouer, mais il était sûr que, juste avant que le vent lui ait arraché son chapeau, il avait distinctement entendu un rire cristallin. Un rire exprimant un bonheur pur et complet, simple et innocent.

Il rentra chez lui, s’assit devant son ordinateur et commença à écrire.

Célestine © 

mercredi 26 octobre 2011

Mademoiselle Emilie Partie 1

29 Juillet 2010

Ongles bleus électriques, sandales compensées et sac à main de chez Gucci, elle s’avance vers moi en souriant. Tout d’abord, je ne lui prête aucune attention. Les poufs qui viennent défiler avec leur choucroute blonde et leur poitrine surdimensionnée, on en voit tous les jours au magasin. Mais elle se plante devant moi, et ses deux lèvres charnues s’écartent pour former un « bonjour ». Il n’y a pas que sa poitrine qui est mutante. Je suis fascinée par ces deux énormes plis de chair qui jacassent pour savoir où se trouve le rayon cosmétique.
Mécaniquement, je lui réponds :
« Vous prenez le rayon en face, puis vous tournez à gauche et c’est tout droit. » Elle me sourit, comme on sourirait aux clochards en leur donnant une pièce de 5 centimes. En croyant qu’ils sont une sorte de sous-espèces, qu’il serait impoli d’ignorer.
Elle repart en tortillant ses petites fesses rebondies, et je me demande combien elle a du payer pour s’offrir un cul comme ça.
Puis je la vois s’arrêter, et revenir sur ses pas.
« Euh, on tourne à gauche, d’accord, mais à quelle gauche ? ». Je lui souris pour ne pas éclater de rire. Je me mords si violemment les joues qu’un goût de sel et de rouille envahit ma bouche.
« Je ne sais pas, vous en avez deux, vous ?
- Vous vous fichez de moi parce que je suis blonde ?
- Non, je suis blonde aussi. »
Elle m’observe un instant et acquiesce.
« Alors ? ». Exaspérée, je soupire, prends un marqueur, et fais une croix sur son bras gauche.
« Voilà. Quand vous arrivez au bout du rayon, vous tournez à cette gauche-là. »
Elle me dit merci, et je hoche la tête silencieusement. J’ai envie de lacérer son sac qui se balance insolemment contre sa hanche, de déchirer sa robe Prada, d’arracher son collier Chanel, de ruiner son maquillage, ses crèmes meurtrières, son mascara tue-baleines, et de planter une aiguille dans son sein, pour voir si la mamelle se dégonflerait, comme vient de le suggérer Stéphane.
C’est bien d’avoir Stéphane assis à côté de toi, toute la journée, quand il pleut, que les clients te font chier, que ton ascenseur est en panne et que tu dois te taper les 6 étages à pieds. Ce type est un sacré antidépresseur. Cheveux bruns en brosse, yeux bleus, gentillet, c’est un type qui plairait à maman. Qui m’aurait sans doute plu à moi aussi.
Avant.
Avant que la Vie ne me rattrape, ne me saisisse par la nuque bien fermement avec ses ongles crochus s’enfonçant dans mon cou, et me force à la regarder droit dans les yeux, pour que je vois le sombre de la pupille, le noir et les petites veines rouges que je n’avais pas vues auparavant. Que je ne voulais pas voir auparavant. Je ne voyais que le bleu, limpide, délicieux, qui cachait le monstre rampant et misérable qui se terrait tout au fond de son regard. Elle m’a ramenée dans une cruelle réalité, m’a imposé des vérités qu’il était impossible de fuir.
Quand on est heureux on ne se rend pas compte que tout peut basculer, à n’importe quel moment, sans prévenir et en faisant des dégâts monstres.
Je regarde Stéphane, et je lui fait un pauvre sourire, pâle réplique du rayon de soleil qui illumine son visage. Puis quelqu‘un arrive, et je fais mon boulot. Sourire, dire bonjour, bip-bip-bip incessants de cette putain de machine, dire le prix en souriant comme si je lui disais qu’en fait le Père Noël existe vraiment, encaisser, re-sourire, dire au revoir.
C’est fou ce qu’il faut être hypocrite pour être caissière. Tout le temps sourire, faire semblant d’être polie, patiente, alors qu’en réalité tu passes toute la journée à te dire qu’ils ont vraiment l’air con, avec leurs yaourts allégés en sucre et leurs shampooings qui font repousser les cheveux.


14 août 2010

Je le dis à Stéphane. Au début il ne me croit pas, puis il prend sa tête entre ses mains et pleure doucement. Je le prend dans mes bras et je soupire. Pourquoi ce n’est pas moi qui pleure ? Pourquoi je me sens toujours obligée de consoler les autres alors qu’il s’agit de MA souffrance ? Pourquoi personne ne peut comprendre que je ne veux pas de tout ça, de ces pleurs, de cette compassion dégoulinante de mièvrerie ?
Je lui tapote le dos, piètre geste pour lui faire comprendre que je ne compte pas m’attarder. Il relève les yeux, je détourne la tête pour ne pas le regarder.
Je n’y peux rien, dès que je vois quelqu’un pleurer, je pleure aussi. Il commence à parler, je mets un doigts devant sa bouche.
« Je t’en prie, Stéphane. Ça ne sert à rien ». Puis je m’en vais.
Pourquoi ai-je l’impression d’être la pire des salopes, insensible et sans pitié aucune ?


19 août 2010

Dernier jour aujourd’hui. Je ne travaillerais plus après. Au téléphone, ma meilleure amie me demande comment je me sens. Comment je me sens ? Fatiguée, désespérée, salie par ce truc qui souille mon corps, moche et inutile. Mais la salope revient au grand galop.
« Je me sens bien. Oui, vraiment. »
Mentir pour protéger ceux qu’on aime, est-ce que c’est vraiment faire la salope ? Je n’en sais rien. Et j’en ai marre de me poser des questions stupides. Alors je vais sous la douche et met le jet au plus froid sur mon corps, pour m’interdire de penser, pour oublier. Pour noyer mes peurs, mes doutes, pour étouffer la bête infâme en moi. Quand je sors, je regrette âprement d’avoir mis une grande glace juste en face de la douche. J’ai oublié de ne pas regarder.
Et là, je ne peux plus me mentir.
Mes yeux gris cernés, mon visage amaigri, mes cheveux blonds secs et cassants, mon cou fin comme une brindille sont là, bien réels.
Je touche ma peau. Dure et tendue, jaunâtre.
Non, je ne suis pas anorexique.
Le monstre m’empêche d’avoir faim, c’est tout.
Puis, dans la glace, je ne vois plus mon visage, mais les portes massives de la clinique Pasteur. Le chirurgien John Bonnet. Ses lèvres pincées, ses yeux noirs.
Pourquoi les yeux des chirurgiens sont-ils toujours noirs ?
Sans doute que bleu c’est trop coloré pour l’hôpital. Trop clair, trop gai, tellement gai que ce serait une cruelle infamie que d’avoir les yeux bleus pour annoncer à un malade qu’il va bientôt mourir. Je revois les couloirs blancs qui s’étendent à l’infini, qui me donnent la nausée.
Ce cher John qui s ‘avance, maladroitement.
Il n’est pas habitué, depuis le temps ?
Faut croire qu’on s’habitue jamais à ce genre de choses.
« Émilie Batis ?
- Oui. »
Sa bouche s’ouvre et 3 mots en sortent. 3 petits mots ridicules, inutiles, tellement insignifiants. 3 petits mots qui changent la face du monde ? De mon monde ? Qui établissent odieusement une toute autre réalité ?
Au début je rigole. Je ne saisis pas bien.
Je ne veux pas saisir.
Le problème c’est que cet homme-là doit avoir l’habitude des gens réfractaires à la compréhension de ces choses. Alors il me force à comprendre.
Il me prend par les épaules, m’empêchant de regarder autre chose que ses petites billes noires impassibles, et il le répète, d’une voix posée, déterminée. Je me concentre intensément sur sa bouche mangée par une barbe de 3 jours. Je suis fascinée. La vie de ces petits poils gris, blancs, qui courent partout à leur guise, peut se révéler tout à fait captivante. Ce qu’ils font est d’une rare inutilité, pourtant ils continuent de pousser, sachant pertinemment qu’ils vont être rasés le soir même, pour le rendez-vous avec Madame.
Je m’imagine à leur place, honteusement je les envie.
Et puis enfin j’entends.
Je détache mon regard de ma stupide contemplation et plonge mes yeux dans les siens.
Il attend que je réagisse.
Comment est-on censé réagir à ce genre de choses ?
On pleure, on crie, on s’évanouit, on insulte, on jure, on blasphème. On supplie.
Seulement moi je n’étais pas au courant des ces banalités d’usage.
Alors je ne réagis pas.
Je lui souris, je lui dis merci, et je m’en vais.
Merci de ne pas avoir fait semblant d’éprouver de la compassion, ou du remord. Merci de l’avoir dit sans trembler. Merci de m’avoir obligée à l’entendre.
Merci de ne pas avoir eu les yeux bleus pour m’annoncer ça.

Jennsen ©

Suite dans une semaine.

Poème : Fukushima


Fukushima,

Toi qui te croyais plus forte que la Terre,
Prendras-tu le risque de refaire les mêmes erreurs ?
Il ne sert plus à rien d'avoir peur de la mer,
La surprise est passée, fait place à la douleur.

Fukushima,

Tu l'apprends, la nature est plus forte que toi.
Tu sais, la prochaine fois tu anticiperas.
Ouvre tes yeux pleins de larmes et bat-toi plus fort
Ouvre tes ailes, envole-toi, et redouble d'efforts.

Fukushima,

Tu retrouveras les rayons de ton sourire.
Ne perds pas de vue cette époque bienheureuse.
A-t-elle existé ? Trop de questions se posent.
Les fleurs de ton paradis pourront s'ouvrir.



Mélody ©


La Terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la Terre.

Sitting Bull

mardi 25 octobre 2011

Captive !

La jeune fille enfonça son cou dans son écharpe et pressa le pas. Tout son corps protesta quand un coup de vent plus fort que les autres lui gifla les oreilles. Elle passa devant un abri-bus sans céder à la tentation de s’y réfugier, même quelques petites minutes...
Car si elle arrivait en retard... Carole le lui ferait payer. Un deuxième frisson lui secoua l’échine. Celui-là n’était pas dû au froid...

Personne n’avait jamais eu la curiosité de savoir ou la jeune fille partait chaque jour après le lycée. Elle n’était pas la seule jeune de la banlieue à trainer dans les rues avant de rentrer chez elle. Les profs, depuis longtemps désabusés par les usages glauques du quartier, ne faisaient plus depuis longtemps appel à ces assistantes sociales au champ de vision étriqué. Et les parents... les engueulades ne servant plus à rien, ils laissaient faire. Ils cachaient leur inquiétude dans un coin poussiéreux de leur cerveau, ou elle côtoyait leurs rêves brisés et leurs espoirs démodés.
La jeune fille, comme tant d’autres, échappait donc aux filets de la surveillance de ses responsables. Mais contrairement aux autres jeunes de son âge, elle aurait donné cher pour se faire enfermer chez elle, pour se faire surveiller, traquer même par la police. Elle aurait donné son âme pour échapper un jour à l’emprise de Carole...
Souvenirs, souvenirs... froids et brulants, comme tant d’autres qui suivirent...

Elle avait onze ans. Déjà perdu son innocence et son enfance, mais il lui arrivait encore de sourire, à l’époque... puis Carole était arrivée. La première fois, elle l’avait enlevée. Comme ça, tout simplement, au beau milieu de la rue. Pressés ou soucieux d’éviter les ennuis, les passants n’avaient même pas tourné la tête pour voir le visage de la malchanceuse. Personne n’était intervenu quand la portière s’était ouverte, quand des ongles peints en rouge avaient saisi un bras potelé, et quand cette main avait trainé la fille à l’intérieur. Comme ça. Sans un cri. Sans un remous. Depuis, ce bras potelé s’était amaigri, anormalement. Personne ne s’en était rendu compte.

Carole avait toujours eu les ongles rouge. Bien sombres, impeccables. Elle devait sûrement les limer chaque soir pour qu’aucune cassure n’apparaisse, et qu’ils gardent mois après moi le même tranchant mortel. Quant aux taches de sang, elles ne se voyaient pas, à cause de la couleur du vernis. Doucement, au fil des jours, elle avait gratté, rogné les rêves les plus intimes, les plus profonds de l’enfant. Par l’humiliation, par la peur. Par des mots qui blessent. Par la douleur physique.
Oh, elle l’avait laissée partir, chaque soir. Pantelante, en larmes, la fille partait. Mais la peur de la punition qui l’attendait si elle ne revenait pas un jour forçait l’enfant, puis l’adolescente, à revenir, chaque jour, chaque mois, chaque année.
Carole prenait un plaisir gourmand à analyser les moindres mimiques, les moindres gémissements de sa captive, puis à détruire les rares parcelles de joie et d’innocence qu’elle trouvait. Peu à peu, sa prisonnière se vidait de sa substance, de son âme, de sa joie de vivre. De son identité. D’Alice, elle était devenu une jeune fille desséchée, privée de son identité. Un être fragile, dont la santé mentale ne tenait plus qu’à un fil, un être constitué d’angoisse et d’amertume.
Et elle ne pouvait même pas espérer qu’un prince charmant vienne un jour la sauver, puisque de l’espoir, elle n’en avais plus.
Plus d’espoir...
Et pourtant...

Célestine ©

je voudrais sauver cette jeune fille. Quelqu'un veut m'aider ?

dimanche 9 octobre 2011

PROJET COMMUN POUR TOUS LES ECRIVAINS EN HERBE

Voilà, j'ai eu une idée, l'autre jour j'ai inventé des peuples, des noms d'animaux et de plantes, et j'avais commencé un début d'histoire, mais après mure réflexion j'ai pensé que se serai autrement plus amusant de vous demander de l'aide ! Alors, voulez-vous écrire avec moi ? Inventer notre monde commun ? Avec des styles et des idées différentes ? Je vous attend !

Voilà mes quelques notes :
- 4 peuples (l'eau, la terre, l'air et le feu :) les Aquarines (eau) ; les Gaïmaons (terre) ; les Ouranaos (air) ; et les Flamouras (feu).
- Les noms des personnages commencent par la 1ere lettre de leur peuple (ex : Aquarine : Athénaïs, Gaïmaon : Grâce... etc.)
- idées de noms d'animaux : les Caristiles, les Flasons, les Taranguilles...
- idées de noms de plantes : Calys, Vènes, Poniers...
- Chaque personne porte une sorte de dessin au poignet, qui regroupe les 4 éléments (propositions de dessins demandée !)

Mon début d'histoire :

«Grâce tourna la tête. Derrière elle se tenait Appolion, droit comme un piquet, de dos, qui repartait chez lui. Ils se verront demain, là, il devait partir.
Elle continua son chemin, et sortit de la Grotte Obscure, l'entrée du monde des Aquarines, créatures issues de l'eau. Elle baissa les yeux et regarda ses pieds, tout en marchant.
Elle traversa ensuite la Forêt Luxuriante, et monta dans un arbre. Idollem, son amie Caristile, vint la rejoindre en sautillant sur les branches. Un Caristile, c'était très tendre, d'ailleurs Grâce aimait les appeler " mes petits réparateurs de chagrins ". Ces animaux étaient pleins d'amour, et si mignons qu'on avait du mal à s'en détacher ne serait-ce que pour la nuit. A la fois très intelligent et très habile, un Caristile était un peu la combinaison du chat, de l'écureuil et du singe. Ses poils pouvaient êtres longs ou courts, comme ceux des chats, et toujours doux, si doux... et l'animal était réputé aussi agile qu'un chimpanzé. Enfin bref : l'animal idéal, le meilleur ami des Gaïmaons. Les Ouranaos l'aimaient bien, mais ils préféraient les oiseaux, surtout les Brivines, et les Aquarines sympathisaient mieux avec les êtres de l'eau tels que les Taranguilles...»

Que s'est-il passé ? Qui est Appolion ? Que va-t-il se passer ? A vous de me le dire ! Racontez-moi tout !!! Bien entendu, vous n'êtes pas obligés de prendre mon début en compte, c'est juste une idée, comme ça, à vous de créer un monde !

Mélody

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