Citation

"Faites des rêves immenses pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant."

William Faulkner

mardi 28 juillet 2015

Le diadème d'Eratos (introduction)

    Notre histoire commence sur les pentes rocheuses du Mont Heblin sur lequel reposait Célistios, la cité de glace, qui depuis dix millénaires régnait d’une main de fer sur les cités voisines.
La grandeur de Célistios provenait notamment du fait de sa puissance marchande et économique qui lui permettait même de concurrencer certains royaumes de l’Ouest. 
Par conséquent, elle avait su se constituer une armée redoutable de mercenaires qui n’était comparable à aucune autre armée en nombre de recrues et dissuadait ainsi toute tentative de pillage des rois qui convoitaient en vain depuis toujours ses richesses infinies. 
De fait, la sécurité militaire de la cité attirait les plus grandes fortunes et polissait sa renommée sur le haut continent. Ses habitants marchands étaient devenus tellement riches que la grande cascade d'eau qui s'écoulait de son sommet jusqu'à sa base était pourvue d'une multitude de paillettes argentées qui réfléchissaient les rayons du Soleil et qui faisait briller la cité jusqu'aux régions les plus reculées du continent. (Phénomène d'où l'on tirait son nom).
Mais la cupidité amenant à la déraison, Ikyos le gouvernant de cette célèbre cité, cru bon d’attiser la jalousie des peuplades inférieures et divulgua un secret que ses prédécesseurs avaient sagement gardé jusqu’à ce jour.
Confiant en la robustesse et l’invincibilité de son armée, il déclara alors que la source de toutes ces richesses reposaient en la force divine d’un Diadème que le Dieu Eratos en personne avait concédé au tout premier gouvernant de Célistios.
Nul ne sait pour quelles raisons ni en quelles circonstances ce don historique eu lieu mais les rumeurs qui doutaient de son existence prirent fin lorsque Ikyos exhiba ce jour-là l’objet en question sous une cloche de verre à la vue du peuple Célistien qui, orgueilleux de prétendre à une relation unique avec le créateur, ne tarda pas à répandre la nouvelle aux quatre coins du continent.

   Furieux de l’arrogance de cet humain insolent, Eratos le Dieu de la justice confia le soir même à Lya, l’archère elfe, la mission de venger cet affront en dérobant le diadème qu’il ne pouvait récupérer. En effet chaque bien du monde des mortels ne peut être repris par aucun Dieu et ce, quelle que soit la raison. Pour cela, Eratos offrit alors à Lya un arc en bois de cythre vert et en écailles de dragon jaune. C’était là un présent somptueux dont la valeur dépassait celle du diadème et qui allait s’avérer être une arme aux conséquences dévastatrices...

   La nuit suivante, le diadème fut dérobé.

   Durant les jours qui suivirent la disparition du diadème, Ikyos avait prit sans le savoir ses dernières dispositions : Il ordonna la recherche du diadème sans que l'on divulgue publiquement son ravissement pour éviter tout mouvement de panique et garder le contrôle sur les effets positifs de ses richesses.
Mais le gouvernant était perpétuellement entouré de conseillers et il développa une paranoïa très intense vis à vis de ces derniers et d'à peux près tout le monde d'ailleurs. Il n'hésita pas alors à faire tuer toutes les personnes soupçonnables des moindres faits. 
Beaucoup de son entourage périrent sous le joug de ses angoisses dégénératives, y compris certains membres de sa famille comme son fils aîné héritier du trône et sa femme gouvernant en second. 
Un proche conseiller, soucieux de l'enjeu finit par tuer le gouvernant lui même pensant mettre un terme à la situation désastreuse. 
Mais le pouvoir fut disputé à tord et à travers par des voix souvent moins méritantes que d'autres et s'ensuivit alors une période de terreur durant laquelle des dizaines de victimes prétendantes au pouvoir gisaient sans vie sur les trottoirs de la cité. Le nombre de morts augmentait inéluctablement et souvent les raisons du décès n'avait plus rien avoir avec la politique.
Au début, on enterrait les cadavres avec de grandes processions mais par la suite, c'est tout juste si on les recouvrait d'un linceul. 
Célistios perdit de sa splendeur.
La cité de glace dépérissait de jour en jour et sans personne au pouvoir, l'organisation des nombreux flux marchands se désagrégea en un amas confus de commerçants voulant vendre à tout prix sans qu'il n'y ait plus de demandes. Plus personne n'achetait. Les riches marchands finissaient ruinés et pour finir, l'armée de la cité se disloqua; A défaut de gouvernant, les mercenaires repartirent en quête d'une solde plus sûre et d'un meneur véritable. 
Voyant là une occasion unique, les monarques alentours s'unirent en une masse compacte et vengeresse ne laissant aucune chance de survie à la cité de glace.
Les épais remparts ne furent ainsi d'aucun secours à la population Célistienne qui termina sa glorieuse destinée en un massacre terriblement efficace. La suprématie économique des hommes s'effondra et le nom de Célistios devint un mythe : celui d'une cité en ruine croulant sous ses propres cendres. 


Wilhelm ©

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