Citation

"Faites des rêves immenses pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant."

William Faulkner

vendredi 23 juillet 2021

Où donc s'en va le monde ?

Où donc s'en va le monde
Quand il part loin de nous
Où est-ce nous qui partons ?
Loin derrière des nuages
À peine discernables
Tout est nappé de brume
Et le lointain gommé
S'efface de nos mémoires
Comme des feuilles tombées
De l'arbre de la Vie

Où donc s'en va la vie
Quand elle nous quitte enfin
Dans un soupir, en vain
Tenté de retenir
Ce que seul on connaît
Pour se trouver plongé
Dans l'inconnu livide
- s'il était coloré ? -
 
© Mélody 

samedi 14 avril 2018

Dialogue amoureux


Deux vélos enlacés discutent.

Le Vélo : Guidons-nous mutuellement.
La Bicyclette : Mon cher, votre élan me touche, mais vous sortez du cadre, je ne suis pas celle que vous croyez !

Le Vélo lui roule un patin.

La Bicyclette : Eh, freine ! T'as pété un câble ou quoi ?
Le Vélo : Oh excusez-moi, j'ai déraillé, je n'ai pas pu résister aux feux qui m'animent. Il faut dire qu'en ce moment les problèmes se répètent à la chaîne...
La  Bicyclette : Il serait peut-être temps de tirer la sonnette d'alarme ! Moi je ne suis pas une pédale, et j'en connais un rayon sur les baisers !
Le Vélo : Ne pique pas ton fard si je te dis qu't'es belle ! Quand la vie nous sert une histoire d'amour sur un plateau, faut pas résister !
La Bicyclette : Oui mais moi je suis clostro, je supporte pas qu'on reste dans un endroit clos.
(Qu'est-ce qu'il est crampon celui-là !)
Le Vélo : C'est pas grave, on trouvera une chambre à air !
La Bicyclette : Tu sais, moi, la gente masculine...
Le Vélo : (Elle me pompe l'air)
La Bicyclette : Alors tu comprendras, quand je t'ai vu arriver, je me suis un peu braquée... La dernière fois, ça s'est tellement mal passé que je me suis traîné une béquille pendant un mois...
Le Vélo : Si ma langue a fourché je suis désolé. Alors réfléchis, et si tu veux changer de direction par rapport à moi, dis-le. Je partirai à toute vitesse, à fond les manettes, j'exploserai le compteur, en roue-libre même, je te le jure. Je suis même capable d'aller à la potence pour toi ! Et sinon, je mets un disque, ça te détendra un peu !

Ses mots restent en suspension quelques instants, puis la bicyclette se met à lui jeter des pignons de pin.

Le Vélo (plus ou moins à l'abri du petit garde-boue) : Mais t'es complètement gourde ou quoi ?
La Bicyclette, riant aux éclats : T'avais qu'à mettre un casque !

S'ensuivit une (gentille) bataille comme les amoureux savent si bien faire...
Quelques temps plus tard, ils emménagent ensemble...

Le Vélo : Euh, par contre, ne me prends pas pour ton porte-bagages. J'ai l'air d'une remorque ?
La Bicyclette : (Et tes sacoches, c'est pour les chiens ? Tu vas voir un peu le retour de manivelle que tu vas te prendre...) Et toi, t'as pas intérêt à poser ton antivol sur moi, je suis une fille libre, compris ?
Le Vélo, lui prenant les poignées : A la base, on ne devait pas emménager tranquillement ensemble au lieu de se disputer ?

Un tricycle passe alors : Hey ! Salut les amis, ça roule toujours entre vous ?!



© Zécridémo et Mélody

mercredi 30 août 2017

Brouillard

Brouillard
Lassitude de la nuit
Lassitude qui s'ennuie

Je parle aux rayons du jour
Qui s'invitent à ma fenêtre
Pour m'occuper l'esprit

Ils me chatouillent en vain
Pour étirer mes lèvres,
Et briller dans mes yeux

Mais mon âme est ailleurs
Perdue dans l'horizon
L'horizon qui se perd

Suspendue à ce fil
Qui ne tremble jamais
Aussi fort soit le vent

Je pense à des étoiles
Qui se seraient perdues
Peut-être en sommes-nous tous ?
Des étoiles égarées.

Se cherchent-elles alors ?
Dans des trous de mémoire
C'est comme des trous noirs.

Tout flotte et tout finit
Lassitude de la nuit
Lassitude qui s'ennuie.


© Mélody

mercredi 16 août 2017

La danse des pendus

Non loin de toi, ma peine,
Il y a des corps qui dansent
Ombres noires qui se noient
Dans le sombre silence

Des pas sans résonance
Qui trahissent peu d'efforts
Mais beaucoup de souffrance
Car ce sont tous des morts

Les morts n'ont pas de voix
Et on ne les voit pas

Non loin de toi, ma peine,
Leur peine à eux est là.

Ils dansent dans sa tête
Marina n'en peut plus
Si son cœur est en miettes
C'est la faute aux pendus.

Silhouettes étendues
Dans la nuit longue elles flottent
Soulevées par le vent
Ce vent qui les emporte

Et fait danser leurs membres
Tout dénués de vie
Triste chorégraphie
Qui habite sa chambre.

Ce sont des morts qui dansent
Dans les arbres et les branches

Les morts n'ont pas de voix
Et on ne les voit pas.

Non loin de toi, ma peine,
Leur peine à eux est là.


© Mélody




© Janis Rubin

lundi 14 août 2017

Feuscinée

Il y avait un feu,
Si attrayant
Je me suis approchée
Tellement près
Que je me suis presque brûlée

J'ai reculé,
Un instant effrayée
Mais je suis fascinée
Et je reviens vers toi

En dépit de ma chair
Qui risque de cramer
En dépit des souffrances
Qui vont venir après

J'oublie tout
Au moment où
Les flammes dansent dans mes yeux

Comme les sirènes
Belles et mortelles
Tu chantes "séduis-moi,
Je me laisserai séduire"

C'est si facile
Si tentant
Si plaisant
Mais éphémère

Je tends la main
Mais je n'attrape rien
Que des cloques aux doigts
Des larmes et du chagrin

Mais je reviens chaque fois
Tu m'as bien eue tu sais
Et toujours tu m'auras.


© Mélody

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